Les groupes chinois accélèrent leurs acquisitions à l’étranger

le 23/03/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après Syngenta par ChemChina ou Starwood par Anbang, le groupe danois Bang & Olufsen pourrait passer sous le contrôle de son partenaire chinois Sparkle Roll.

Les groupes chinois accélèrent leurs acquisitions à l’étranger
Bang & Olufsen, déficitaire depuis trois ans, est à la recherche d’un adossement depuis 2014. Magasin B&O à Shanghai.
(Crédit B&O.)

L’hôtellerie est loin d’être le seul secteur d’activité auquel s’intéresse à l’heure actuelle la Chine en matière de croissance externe. «Les entreprises chinoises recherchent des marques, des talents et d’autres actifs destinés à accroître leur compétitivité sur leur marché domestique et à l’étranger», souligne le cabinet d'avocats Baker & McKenzie dans son rapport «Bird’s-Eye View». La réorientation économique de l’empire du Milieu vers les secteurs de la consommation, qui s’accompagne d’une montée en gamme des besoins exprimés, fait ainsi la part belle aux acquisitions réalisées dans l’industrie du luxe.

B&O cherchait
un adossement depuis 2014

L'an dernier, les groupes chinois ont engagé 23 milliards de dollars d'investissements directs en Europe (y compris les projets dits greenfield, autres que des acquisitions), soit 22% de plus qu'en 2014. Vers l'Amérique du Nord, les flux ont atteint 15,3 milliards de dollars.

Et 2016 pourrait être encore plus riche. Selon Baker & McKenzie, les six premières semaines de 2016 ont connu un record d'annonces de projets d'acquisitions de sociétés chinoises en Europe et en Amérique du Nord, avec un montant total de près de 70 milliards de dollars.

Après les ambitions de ChemChina sur Syngenta dans l'agrochimie ou celles plus récentes de l'assureur Anbang sur Starwood, une nouvelle preuve de cet appétit a été apportée hier avec l’annonce de discussions en cours entre Bang & Olufsen (B&O), spécialiste danois de la hi-fi, et Sparkle Roll, son distributeur en Chine depuis 2012. Si aucun montant n’a filtré sur le montant de l’opération qui vise une prise de contrôle à 100%, Sparkle Roll, actionnaire minoritaire de B&O, a souligné que le prix payé devra refléter les «incertitudes importantes» qui pèsent sur l’avenir de sa cible, déficitaire depuis trois ans, sans oublier les investissements nécessaires pour développer la marque.

Fondé en 1925, B&O a été touché de plein fouet par la chute du prix des systèmes audio-vidéo, une taille critique insuffisante et l’essor de l’écoute musicale à partir de smartphones. A la recherche d’un adossement depuis 2014, il a annoncé la semaine dernière l’externalisation de sa production de téléviseurs au sud-coréen LG, afin d’économiser jusqu’à 200 millions de couronnes (27 millions d’euros) par an d’ici à 2019. Le groupe danois apportera ses compétences en matière de design et d’acoustique, tandis que son partenaire fournira sa technologie et sa plate-forme de télévision interactive.

Une taille
deux fois plus petite

En Chine, Sparkle Roll vend aussi des voitures (Bentley, Rolls-Royce, Bugatti), des montres (Richard Mille…), du vin et des bijoux. Mais son chiffre d’affaires a reculé de 17% à environ 300 millions d’euros sur son exercice clos fin mars 2015, suite à l’intensification de la lutte contre la corruption décidée par le président chinois Xi Jinping. Après avoir progressé en séance, l’action B&O a terminé en repli de 0,7% à 68 couronnes, ce qui lui confère une capitalisation boursière équivalente à 395 millions d’euros. Coté à Hong Kong, Sparkle Roll affiche de son côté une valeur boursière deux fois moindre.

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