Le marché a déjà intégré la dégradation de Casino en «junk»

le 22/03/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le coût de la dette obligataire progressera d’environ 70 millions d’euros en année pleine. La cession de Big C est finalisée.

Le marché a déjà intégré la dégradation de Casino en «junk»
Malgré la dégradation de sa note, Casino a vu le cours de son action gagner hier 1,29% à 50 euros.
(Photo Casino.)

Le couperet est tombé. S&P a abaissé hier la note de crédit de Casino, de « BBB- » à « BB+ », faisant tomber le distributeur en catégorie spéculative. Le marché avait anticipé cette annonce. L'action Casino gagnait hier 1,29% à 50 euros, tandis que sa maison-mère Rallye cédait 0,97% à 15,35 euros. Cette dégradation «va clairement réduire la base d’investisseurs, tandis qu’un retour en catégorie investissement se fera à un prix très élevé», note Bryan Garnier. Première conséquence, le coût de la dette obligataire du groupe va progresser de moins de 20 millions d’euros avant impôt en 2016 et hors futurs rachats obligataires, précise Casino. Les analystes chiffrent l’augmentation de 70 à 80 millions d’euros en année pleine, à compter de 2017.

L’agence de notation invoque la baisse « nettement plus importante que prévu » des résultats 2015. Casino a enregistré l’an dernier une chute de 35% de son résultat opérationnel courant. «Bien que nous nous attendons à une certaine reprise et à une amélioration de la profitabilité en France, nous ne pensons pas que cela sera suffisant pour contrebalancer les graves faiblesses au Brésil, qui devraient persister en 2016», ajoute S&P.

Le distributeur stéphanois confirme sa politique de désendettement, grâce au plan de cessions de 4 milliards d’euros, qui devrait être dépassé. D’une part, il a annoncé hier la finalisation de la cession de ses 58,6% de Big C en Thaïlande pour 3,1 milliards d’euros, soit 1,7 fois le chiffre d’affaires et 16,8 fois l’Ebitda 2015, réalisant une plus-value de 2,4 milliards. Cette cession permet de réduire la dette de 3,3 milliards. D’autre part, la vente de ses activités au Vietnam progresse de manière «satisfaisante». Casino aurait reçu une dizaine d’offres, dont certaines au-delà du milliard d’euros. 

Le groupe «pourrait retrouver une certaine marge de liberté pour allouer les produits de cession non pas exclusivement à la baisse de sa dette mais également à des acquisitions (d’intérêts minoritaires en Amérique latine), note CM-CIC. En pratique, nous pensons que le groupe donnera la priorité aux rachats d’obligations qui lui permettront en outre de retourner ses swaps de couverture et d’engranger les gains sur ces derniers». Casino, qui reste noté «BBB-» par Fitch, rappelle disposer de 1,7 milliard d’euros de trésorerie brute fin 2015, et de 3,9 milliards d’euros de lignes de crédit.

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