La scission d’E.ON risque d’être plus compliquée que prévu

le 13/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement réfléchit à étendre la responsabilité des anciens exploitants de centrales nucléaires. Une décision qui trouble le projet Uniper.

Un cadre politique clair. E.ON a une nouvelle fois appelé hier le gouvernement allemand à préciser les règles du jeu du secteur de l’énergie du pays. «Un mécanisme de régulation précis définissant et reconnaissant le rôle des centrales électriques conventionnelles, notamment dans la sécurisation de l'approvisionnement en électricité, fait encore défaut en Allemagne», a déclaré le président du directoire, Johannes Teyssen, dans une lettre adressée aux actionnaires à l’occasion de la publication des résultats semestriels du premier producteur allemand d’électricité. Selon lui, «faute d'un tel mécanisme, la transition énergétique de l'Allemagne restera incomplète».

E.ON a surtout besoin d’une clarification du cadre pour mener à bien le projet de scission annoncé l’an dernier. Pénalisé par l’arrêt des centrales nucléaires allemandes à la suite de la catastrophe de Fukushima, et par les capacités excédentaires des centrales à gaz, le groupe allemand souhaite se concentrer sur les énergies renouvelables et les services. Les centrales conventionnelles seraient logées dans une nouvelle société, baptisée Uniper.

Initialement, ce vaste chantier devait aboutir en 2016. Mais les récentes réflexions du gouvernement menacent sa bonne réalisation. Il réfléchit en effet à étendre la durée de responsabilité des anciens exploitants de centrales nucléaires. Selon la loi actuelle, les engagements financiers s’éteignent cinq ans après la scission de ces actifs. Le gouvernement souhaite rendre éternels ces engagements (99 ans légalement). L’amendement législatif est en cours de discussion. «Dès le départ, nous avions prédit que le gouvernement ne laisserait pas faire la scission d’E.ON sans s’assurer que les passifs nucléaires étaient suffisamment couverts avec du cash», indiquent les analystes de Kepler Cheuvreux.

Dans ce cadre, E.ON pourrait rester redevable des passifs nucléaires qu’il souhaitait transférer chez Uniper, ce qui modifierait considérablement les caractéristiques de son projet de scission. Une incertitude qui pèse sur la valorisation du groupe allemand. Sa capitalisation boursière a chuté de 17% depuis le début de l’année, alors que dans le même temps l’indice Stoxx 600 Utilities est resté stable.

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