Predica parachève la restructuration du capital de TDF

le 29/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’assureur achète 10% du télédiffuseur et se place derrière les fonds Brookfield, PSP et APG, les actionnaires du groupe depuis le début de l'année.

C’était l’un des engagements pris par les nouveaux propriétaires de TDF lors de la restructuration financière du groupe en novembre 2014: faire entrer au capital du télédiffuseur un actionnaire de référence français. Après des discussions avec plusieurs institutionnels, le choix s’est porté sur Crédit Agricole Assurances.

Sa filiale Predica a acquis 10% de TDF auprès des actionnaires, les fonds canadiens Brookfield Infrastructure et PSP Investments ainsi que le néerlandais APG Asset Management. La part du premier passe ainsi de 50% à 45%, ses deux associés tombant à 22,5% chacun. Le Britannique Arcus reste actionnaire indirect, via PSP et APG. Predica sera représenté au conseil d’administration de la holding de tête.

Son entrée au capital se fait dans les mêmes conditions que celles du changement d’actionnaires annoncé fin 2014 et finalisé début 2015. Brookfield, PSP et APG avaient acheté les actifs français de TDF pour une valeur d’entreprise de 3,56 milliards d’euros, dont 1,4 milliard de dette. Cela représentait un peu moins de 10 fois l’Ebitda. L’entrée d’un actionnaire français de long terme confirme le caractère stratégique de TDF, premier diffuseur des télévisions et des radios par voie hertzienne en France. Dans le précédent tour de table, Bpifrance (24%) et Ardian (18%) apportaient cette garantie «tricolore», face aux fonds TPG (42%) et Charterhouse (14%). De son côté, Predica cherche des actifs d'infrastructures en mesure d'offrir du rendement, à l'image de son investissement l'an dernier chez ADP.

En attendant une prochaine émission obligataire investment grade afin de refinancer 1,4 milliard d’euros de dette résiduelle, l’entrée de Predica parachève une restructuration acrobatique et qui aura nécessité une année et demie de discussions. Objet de deux LBO successifs, en 2002 et fin 2006, TDF était handicapé par une dette d’acquisition qui représentait plus de 7 fois son Ebitda, mis sous pression par les évolutions technologiques du secteur (TNT…). Une première offre de reprise par le fonds Dering avait échoué au dernier moment. Brookfield et ses associés avaient été rattrapés par la manche.

Avec ces actionnaires et libéré d’une grande partie de sa dette, TDF se dit en mesure de retrouver de la croissance en investissant. Le groupe dirigé par Olivier Huart n’exclut pas des acquisitions en France, même si sa position forte limite sa marge de manœuvre, ou dans d’autres pays, pourquoi pas dans le bassin méditerranéen.

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