Nexans va quasiment doubler ses suppressions d’emplois sur le continent européen

le 15/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le projet de réorganisation remis vendredi aux représentants du personnel prévoit la disparition de 478 postes supplémentaires, dont 47% en France.

L’accélération de la croissance de Nexans sur les trois premiers mois de l’année (+1,8% en données organiques) ne suffira manifestement pas à assurer la compétitivité du groupe à moyen terme. Cela s’applique en premier lieu à ses opérations européennes, représentant 45% de son chiffre d’affaires, pour lesquelles le fabricant de câbles a préparé un nouveau projet de réorganisation remis vendredi aux instances représentatives du personnel.

Nexans a identifié quatre principaux leviers d’amélioration : l’optimisation des fonctions support, l’adaptation des organisations régionales, la baisse des coûts fixes et la diminution des capacités de production du segment de marché «utilities» en Europe. Ces adaptations devraient entraîner la suppression de 478 postes et la création parallèle de 46 emplois sur le Vieux Continent. Sur le total des postes supprimés, 47% concerneront la France, un peu plus de 25% la Norvège et 14% l’Allemagne. Ces mesures s’ajouteront aux 500 suppressions d’emplois dans la région annoncées en début d’année.

Le groupe devrait fournir des informations plus détaillées sur les impacts financiers de ces mesures à l’occasion de la publication de ses résultats semestriels fin juillet. Cette nouvelle annonce de réorganisation intervient deux semaines après l’abandon d’un projet d’émission obligataire de 250 millions d’euros à 5 ans, en raison de la volatilité jugée trop importante du marché. Cette levée de fonds aurait servi à refinancer les échéances de dette du groupe et à accompagner le plan de transformation industrielle appliqué depuis l’an dernier.

Malgré une meilleure orientation de certains marchés finaux comme la transmission sous-marine ou l’automobile, les analystes de Kepler Cheuvreux estiment que la décote de 15% de l’action Nexans par rapport à Prysmian, calculée à partir du ratio de valeur d’entreprise sur Ebitda ou des multiples de bénéfices à l’horizon 2017, «est largement justifiée par le risque d’exécution qui s’applique au scénario du redressement financier» du groupe français. Ils soulignent que son cash-flow libre «ne redeviendra pas positif avant 2017 à cause des sorties de cash liées aux restructurations» et anticipent pour le second semestre 2015 la mise en vente d’actifs sous-performants pouvant représenter jusqu’à un tiers du chiffre d’affaires.

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