Amoéba et ses «amibes gloutonnes» veulent rejoindre la Bourse

le 25/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La cleantech propose une technologie de rupture : un biocide biologique, sans danger, pour le traitement des bactéries, comme la legionnella, dans l’eau.

Tant que la fenêtre de marché est ouverte avant la période estivale, les sociétés se précipitent pour rejoindre la Bourse. La biotech Abivax, spécialiste des traitements antiviraux, vient de lever près de 58 millions d’euros pour une capitalisation de 205 millions d’euros et une première cotation demain. La medtech Biocorp veut lever pour sa part 8 millions d’euros pour son entrée sur Alternext.

La cleantech Amoéba s’apprête elle aussi à rejoindre Euronext. La société se présente comme «le prédateur naturel des bactéries». Elle produit un biocide biologique capable d’éliminer tout risque bactérien dans l’eau, telle la legionella, sans aucun danger, grâce à une amibe gloutonne.

Avec sa technologie de rupture, Amoéba pourrait révolutionner les techniques industrielles actuelles qui utilisent des traitements chimiques, dangereux pour l’homme et l’environnement, en partie inefficace, et onéreux (taxe sur les rejets chimiques, surconsommation d’eau…). D’autant qu’avec la directive-cadre 2015, ils ont l’obligation de ne pas rejeter de produits chimiques dans l’environnement.

Si la société lyonnaise estime le marché des biocides chimiques à plus de 21 milliards d’euros, elle se focalise pour le moment sur le segment des tours aéro-réfrigérantes (TAR), pesant 1,7 milliard (dont 30% aux Etats-Unis et 28% en Europe). Dans un second temps, elle regardera le marché des TAR des centrales nucléaires et le secteur sanitaire (hôtels, piscines...). Amoéba se positionne auprès des traiteurs d’eau, prescripteurs auprès des industriels, en se rémunérant avec au moins 40% de royalties sur la marge du distributeur traiteur d’eau.

Protégé par ses brevets et ne connaissant aucun concurrent, Amoéba attend une autorisation de mise sur le marché des autorités françaises au premier semestre 2016, en Europe et aux Etats-Unis fin 2016. Des essais de plusieurs mois sont déjà probants notamment chez ArcelorMittal, Häagen-Dazs ou Aéroports de Paris.

Amoéba compte lever 13,5 millions d’euros, pour une capitalisation post-monnaie de 50 millions. Les actions nouvelles seront proposées entre 8,30 et 11,20 euros. L’offre est ouverte jusqu’au 6 juillet, pour les premières négociations le 10 juillet. L’opération est dirigée par Bryan Garnier et Portzamparc. En 2014, la société a affiché une perte nette de près de 1 million d’euros pour 0,5 million de chiffre d’affaires. Amoéba devrait être profitable en 2017 selon Portzamparc et en 2018 selon Bryan Garnier.

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