Xstrata refuse le passage en force sur Anglo American

le 16/10/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le renoncement à la fusion entre égaux proposée par Xstrata, mais rejetée par Anglo American, pourrait remettre en avant le dossier Lonmin

Cinq jours avant la date butoir fixée par le Takeover Panel (l’autorité britannique des fusions-acquisitions), Xstrata a tranché. Il a renoncé à la proposition de fusion entre égaux faite à Anglo American. Xstrata a beau répéter dans son communiqué que l’intérêt de marier les deux groupe «reste intact», c’est bien la cible qui vient de remporter une victoire.

Depuis la première approche en juin, Anglo American n’a cessé de marteler le peu d’intérêt financier et stratégique d’une telle transaction. Surtout le renoncement officiel de Xstrata va lui permettre de mettre en place son plan de réplique. Après la suspension de son dividende en février Anglo American avait dit vouloir mettre en place une batterie de mesures, dont des réductions d’effectifs, afin d’économiser 2 milliards de dollars d’ici à 2011.

Désormais, Xstrata est bloqué pendant une période de six mois, à moins qu’un autre groupe fasse une offre dans l’intervalle. D’ailleurs, «nous ne pensons pas que Xstrata ait définitivement tourné la page, note Liberum Capital. Reste que pour le bureau d’analyse, au vu de l’hostilité déclarée d’Anglo American, «aucune transaction ne semble possible sans un transfert important de valeur entre les actionnaires de Xstrata et ceux d’Anglo American». Xstrata ayant évoqué des synergies annuelles de 1 milliard de dollars, on peut estimer la création de valeur à près de 9,5 milliards (5,9 milliards de livres), en actualisant ce montant au taux de 10,5 %, le coût moyen pondéré du capital de la cible.

Dès le mois de juin, des actionnaires de la cible avaient même réclamé une prime de 30 %. Sur la base de la capitalisation d’hier, voisine de 29 milliards de livres, une telle prime correspondrait à une somme totale de 8,7 milliards de livres.

Que Xstrata décide ou non de revenir à la charge ultérieurement, sa décision d’hier risque de remettre sur le devant de la scène un autre dossier laissé de côté par le suisse il y a un an : Lonmin. Son renoncement à son offre de 33 livres par action (6,4 milliards de livres) l’avait bloqué pour un an. Mais depuis début octobre, il est redevenu libre d’agir. Or, Lonmin pèse aujourd’hui moins de 3,3 milliards de livres. Le mois dernier, la presse britannique rapportait déjà que le groupe avait demandé à ses banques de réfléchir à la faisabilité d’une offre.

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