Vivendi va déprécier la valeur de NBC Universal

le 12/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’impact sera toutefois compensé par le gain de 2,3 milliards sur l’opération Activision Blizzard

En décembre, Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi, avait évoqué pour son groupe «une résistance bien supérieure à la moyenne» face à la crise. Un mois plus tard, le directeur financier Philippe Capron confirme à L’Agefi les indications données au marché concernant les résultats 2008: une progression du résultat ajusté, à périmètre constant, comparable à celle de 2007 avec un dividende affichant une progression également comparable. Reste que la crise aura bien un effet sur le plan comptable.

De fait, «depuis un an, les multiples dans les médias ont été considérablement ajustés à la baisse», constate le directeur financier. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi Vivendi a choisi de ne pas céder pour l’heure ses 20% dans NBC Universal. Ainsi, même si le groupe met en avant la bonne performance de ce groupe, les tests de dépréciation (impairment tests) qu’il doit mener vont le contraindre à ajuster à la baisse la valeur de cette participation. Vivendi précise que le montant reste «à déterminer». Il devrait être précisé dans les semaines à venir, en tout cas avant les résultats annuels prévus le 2 mars.

Pour l’heure, les 20% de NBC Universal sont valorisés 8 milliards de dollars (5,9 milliards d’euros) dans le bilan du groupe et si l’on regarde la chute des multiples dans le secteur, l’ajustement pourrait théoriquement aller jusqu’à 50% de la valeur (soit 2,95 milliards d’euros).

Certains analystes parmi les plus prudents ne retiennent d’ailleurs dans leur somme des parties que 4 milliards de dollars pour la part dans NBC Universal. Mais plusieurs éléments laissent penser que le groupe n’ira pas jusqu’à un tel abaissement. D’abord, il indique que ce mouvement comptable «est déjà pris en compte dans les valorisations des analystes equity». Or, ceux-ci débouchent en moyenne sur une valorisation de près de 6 milliards de dollars pour NBC Universal. Parallèlement, Vivendi prévoit un «solde positif» entre cette dépréciation et le bénéfice exceptionnel comptabilisé au troisième trimestre au titre de l’opération Activision Blizzard. Ce profit étant de 2,3 milliards d’euros, on peut donc supposer que la dépréciation devrait rester inférieure à ce montant, soit moins de 3 milliards de dollars.

En tout cas, certainement conscient de l’effet que risque d’avoir cet ajustement sur le marché, Vivendi souligne que ces deux éléments comptables n’entrent pas dans le calcul du résultat net ajusté, l’indicateur sur lequel il fonde habituellement ses prévisions.

L’autre critère regardé de près par les agences de notation reste la dette, Fitch ayant rappelé que le ratio dette nette sur Ebitda devra rester inférieur à 2,3 (contre environ 2 aujourd’hui), si le groupe veut conserver une note «BBB». Sur ce point, Vivendi avait évoqué une dette nette inférieure à 8,5 milliards fin 2008. Elle devrait finalement ressortir à 8,3 milliards.

Enfin alors que les rumeurs sur un accord pour la reprise de Digital+ en Espagne ont récemment enflé, Vivendi renvoie aux déclarations précédentes de Jean-Bernard Lévy sur l’état préliminaires des discussions. En tout cas, Philippe Capron assure que «le groupe entend conserver quoi qu’il arrive sa notation actuelle BBB».

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