Les services d'Accor valorisés cinq milliards d'euros

le 28/08/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon son projet de scission, Accor pourrait coter en Bourse ses deux métiers à partir de la mi-2010

Depuis longtemps espéré par le marché, le projet de scission des activités hôtellerie et services prépayés d’Accor est officiellement étudié par la direction du groupe. Le conseil vient de lancer une étude sur « la pertinence d’une séparation des deux métiers en deux entités autonomes, ayant leur stratégie propre et les moyens de leur développement ». Pour l’heure, le groupe s’est refusé à en dire plus, si ce n’est qu’il précisera ses intentions au plus tard en février, lors de la publication de ses résultats 2009. 

Toutefois, Accor n’exclut pas de préciser plus tôt les modalités de la scission. Au mieux la séparation pourrait être effective juste avant l’été 2010, précise Jacques Stern, directeur général en charge des finances. Quoi qu’il en soit, l’objectif est de coter les deux métiers. Chaque actionnaire recevra une action Accor Hospitality et une action Accor Services, précise Gilles Pélisson, PDG d’Accor. Le titre a déjà pris 5,73 % à 37 euros hier, valorisant le groupe 8,3 milliards d’euros.

Pour CM-CIC, la valorisation a minima des services dans un contexte de crise mondiale ressort à 4,4 milliards d’euros (soit 19 euros par action). Dans un scénario optimiste « notre valorisation dépasserait les 6 milliards (25 euros par action) », poursuit CM-CIC. Cheuvreux parle d’un maximum de 6 milliards. Et Aurel BGC valorise les services 13,5 fois le résultat d’exploitation 2009, soit 5 milliards d’euros. Gilles Pélisson évoque pour sa part un multiple de 12 à 14. D’ailleurs, la moyenne du consensus des analystes est à 5 milliards, confie Jacques Stern.

« A ce stade, les baisses des résultats de l’hôtellerie et des services sont telles que les multiples de court terme ressortent élevés, note Oddo. Si l’on valorise les services à 4,5 milliards d’euros, soit 13,9 fois le résultat d’exploitation 2009, l’hôtellerie ressort à 22 fois le résultat d’exploitation ». Néanmoins, « nous pensons que la valorisation des services peut être largement révisée en hausse si la division est gérée différemment (notamment le placement de son cash) », ajoute Oddo, valorisant les services à 5,2 milliards.

En revanche, le pôle hôtelier reste plus difficile à valoriser actuellement, en l’absence de transactions dans le secteur. Aurel BGC parle de 3 milliards, soit 11 fois le résultat d’exploitation 2009. Enfin, les valorisations définitives dépendront de l’affectation de la dette du groupe aux deux entités. Fin juin, Accor affichait une dette nette de 1,9 milliard d’euros, sans compter les 800 millions d’euros de prêts d’Accor Services à Accor Hospitality.

Alors qu’en février dernier encore, Accor se félicitait d’avoir deux métiers très complémentaires, le groupe met désormais en avant l’absence de synergies. Et la direction se refuse à commenter une éventuelle pression de ses principaux actionnaires (Colony et Eurazeo), mais invoque l’évolution naturelle due à la transformation des deux métiers, afin d’aborder au mieux la reprise économique. D’une part, avec le développement des services. D’autre part, avec l’évolution du portefeuille hôtelier vers une large majorité d’hôtels en management ou franchise, contre 40 % actuellement.

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