Le secteur pétrolier en pleine ébullition

le 23/08/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les opérations de fusions-acquisitions s’y multiplient. Une tendance appelée à se poursuivre

Même s’il n’a pas connu récemment de transaction géante, le secteur pétrolier n’en reste pas moins actif en matière de fusions-acquisitions. Selon un décompte de Dealogic, quelque 175 milliards de dollars de transactions y ont été enregistrées depuis le début de l’année, faisant du pétrole l’un des deux secteurs les plus animés, au coude à coude avec les télécoms. En intégrant l’offre hostile du coréen Knoc sur Dana Petroleum décidée vendredi pour 2,9 milliards de dollars, les volumes y sont selon Bloomberg en progression de 21% sur un an.

Le segment s’est vivement relancé cet été. Au niveau mondial, pas moins de 8 «deals» de plus de 1,5 milliard de dollars ont été annoncés depuis début juillet, à l’image de la reprise d’une part de Cairn India par Vedanta pour 9,6 milliards de dollars. L’opération la plus importante de l’année.

Comme il est souvent de mise dans le secteur, toutes les grandes transactions de l’année ont été réglées en cash. Signe pour plusieurs experts de la confiance des acquéreurs dans l’avenir. D’autant que lorsqu’ils sont éconduits par leur cible, certains n’hésitent pas, comme le coréen Knoc, à se lancer dans des opérations hostiles. L’autre grand enseignement des huit premiers mois de 2010 concerne la ventilation géographique. Certes les groupes américains restent les plus gros acquéreurs (un tiers du marché) mais la percée des émergents se confirme. Chine et Inde comptent en cumul pour plus de 20% des acquisitions de l’année. A l’inverse, ils ne sont quasiment pas ciblés, la zone en tête demeurant dans ce domaine l’Amérique du Nord (65% des cibles). L’objectif pour les groupes émergents demeure bien entendu de croître sur la scène internationale en sécurisant les approvisionnements. Une politique confirmée par les statistiques, les actifs les plus souvent visés dans le secteur pétrolier étant situés dans le domaine de l’exploration-production (78%).

Pour les mois à venir, rien ne laisse entrevoir un fléchissement, les acteurs des pays émergents conservant notamment une confortable force de frappe. Knoc prévoit par exemple de dépenser cette année 6 milliards de dollars en acquisitions et nouveaux projets. Quant au chinois Cnooc (China National Offshore Oil Corp), il a clairement mis l’accent sur la croissance externe pour asseoir son développement. Ayant déjà mis la main sur 50% d’une filiale de l’argentin Bridas pour 3,1 milliards de dollars, il s’attend à ce que «la contribution des actifs étrangers s’accroissent fortement». Selon un analyste de Sanford Bernstein, Cnooc «peut se permettre de dépenser jusqu’à 10 milliards de dollars sur des rachats à l’étranger».

A lire aussi