Le secteur minier reste animé sur le front des acquisitions

le 02/04/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Près de 30 milliards de dollars d'opérations, y compris hostiles, ont déjà été annoncées en 2010 dans le monde, deux fois plus que l'an dernier

Le thème des fusions-acquisitions ne cesse d’animer le secteur minier. Dealogic relève ainsi que le montant des opérations annoncées au cours du premier trimestre dans le monde a progressé de 85% par rapport à l’entame de 2009, à 29,1 milliards de dollars. La Chine est le pays le plus prisé, avec 62 opérations totalisant 4,7 milliards de dollars, en progression exponentielle par rapport aux 517 millions et 19 transactions observés il y a un an. Mais le pays est suivi de près par le Canada et l’Australie.

C’est bien ce dernier pays qui concentre l’attention récente des investisseurs, après que Macarthur Coal a repoussé mercredi l’offre de 3,3 milliards de dollars australiens de l'américain Peabody Energy. Hier encore, Lihir Gold a rejeté une offre améliorée de 9,2 milliards émanant de son compatriote australien Newcrest Mining et visant à créer le quatrième producteur mondial d’or. La bataille n’est pas achevée, le cours de la cible se plaçant au-delà du prix offert par le prédateur.

Mergermarket, de son côté, a évalué à près de 4.000 en zone Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique) le nombre de «sociétés à vendre», parmi lesquelles le secteur élargi des mines, de l’énergie et des services aux collectivités est l’un des plus «chauds». Il rassemble en effet 463 sociétés identifiées comme cibles potentielles, soit 12% du total, dont 91 en Europe centrale et de l’Est et 81 au Royaume-Uni. Ces deux zones concentrent d’ailleurs également la plus forte activité envisagée tous secteurs confondus.

Et Mergermarket veut croire que la tendance au rebond des M&A entamée au second semestre 2009 se poursuivra en 2010, l’an passé ayant été particulièrement marqué dans les mines par une «non-fusion» d’Anglo American avec Xstrata, «mise entre parenthèses avant un éventuel nouvel essai en 2010». L’activité de M&A dans les mines devrait rester plus vive que dans l’énergie, où un relatif attentisme frappe tant les sociétés visées que les prétendants au regard de prix de l’or noir encore historiquement élevés.

Le bureau d'études relève d’ailleurs qu’en dépit d’un repli tendanciel l’an passé de la valeur totale des M&A au sein du secteur élargi défini ci-dessus, le nombre d’opérations a progressé d’un trimestre à l’autre tout au long de l’année. Bien loin encore il est vrai des sommets atteints fin 2007.

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