PSA teste à son tour l’appétit du marché

le 24/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe lance une « Oceane » de 500 millions d’euros en attendant une nouvelle émission obligataire

Quatre jours après Air France-KLM, PSA vient à son tour tester le segment des « Oceane »… de surcroît avec un mécanisme similaire. Comme la compagnie aérienne, le constructeur automobile offre une période de souscription prioritaire à ses actionnaires (jusqu’au 25 juin) et paiera un coupon lié à un taux de référence. Du coup, bien qu’un placement privé ait eu lieu hier, les modalités définitives de cette opération qui porte sur 500 millions d’euros ne seront connues que le 26 juin. Mais il est déjà possible d’en évaluer les implications.

Les titres d’échéance 2016 (1er janvier) auront un rendement de 0,5 % à 1,25 % au-dessus du taux de swap à 6,5 ans. Sur la base des taux d’hier, le coupon serait compris entre 3,8 % et 4,5 %. Un rendement « moins généreux que les dernières opérations de marché proposées », selon CM-CIC.

Néanmoins, le bureau d’analystes juge « la prime attractive ». Globalement en ligne avec celles des dernières émissions, elle sera comprise entre 33 % et 38 %. Cette levée de fonds de 500 millions d’euros pourrait donc se traduire par la création de 18,55 à 19,25 millions d’actions nouvelles sur la base du cours d’hier en journée (19,53 euros). En intégrant l’option de surallocation (75 millions d’euros de plus), le nombre d’actions pourrait même être porté de 21,33 à 22,14 millions. Compte tenu du capital actuel (234,3 millions d’actions), la dilution potentielle dépasse donc les 8 % avec l’option de surallocation (voir tableau).

Détentrice de 22,1 % du capital et de 32,8 % des droits de vote, la Foncière Financière et de Participation a déjà choisi de limiter sa dilution. Elle participera à hauteur de 10 %.

Si le groupe met en avant ses projets de développement et a voulu exploiter une fenêtre, « on peut imaginer que cette opération va permettre à PSA de défendre son rating investment grade auprès des agences de notation (« BBB- » chez S&P) alors que Renault a été dégradé par S&P », remarque CM-CIC. 

« Cette émission est un bon point, mais il n’est pas certain qu’elle suffira à éviter une prochaine dégradation des notes qui sont sous perspective négative, tempère Sébastien Barthélémi, responsable de la recherche chez Louis Capital Markets. La problématique chez PSA n’est pas tant liée aux questions de refinancements qu’à l’opérationnel. Or, la pression reste forte sur l’activité. Il faudrait de bien meilleures nouvelles, comme une stabilisation des marges, pour aider les notes. »

Il est vrai que les agences ont ces derniers temps pointé les difficultés opérationnelles du secteur. Et ce n’est pas le discours du groupe qui nuancera les craintes car il a annoncé une perte opérationnelle courante de 1 à 2 milliards d’euros pour 2009. Un chiffre plus noir que le consensus de -1,17 milliard. Surtout que ce dernier intègre les charges de restructuration, ce qui n’est pas le cas de la prévision de PSA. Beaucoup ont accueilli l’annonce comme un avertissement. CM-CIC note cependant, comme principal élément à retenir, que PSA n’a pas remis en cause son estimation de consommation maximale de cash de 4 milliards d’euros.

La mobilisation des investisseurs sera en tout cas regardée de près car « le groupe envisage également l’émission d’un nouvel emprunt obligataire, en fonction des conditions de marché », indique le communiqué.

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