La nervosité augmente sur les spreads de crédit dans les télécoms

le 01/02/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si on constate un écartement pour l’ensemble du secteur, celui-ci est particulièrement marqué pour les opérateurs de pays financièrement peu vertueux

A la veille de la publication de leurs résultats, les perspectives des opérateurs télécoms en Europe semblent faire l’objet d’une méfiance accrue des opérateurs sur les marchés du crédit. C’est ce qu’entend démontrer l’agence Fitch après avoir constaté que les CDS (credit default swaps) du secteur, qui mesurent le coût de protection de sa dette, «ont augmenté de près de 9% sur les trois premières semaines de janvier contre seulement 1% pour l’ensemble du marché ‘corporate’ européen».

L’indice de liquidité calculé par Fitch, qui augmente à mesure que s’accroissent les incertitudes sur la dette ou la structure de capital d’une société, reflète cette tendance puisque Telecom Italia, British Telecom et Portugal Telecom BV figurent en tête de ce classement en Europe, aux côtés de Kabel Deutschland et Virgin Media. «Les doutes grandissants du marché concernant les télécoms reflètent en partie une concurrence plus importante qui déboucherait sur une guerre des prix et des bénéfices moins importants», explique-t-on chez Fitch.

Sur l’ensemble du mois de janvier, le secteur a connu une variation de spreads d’une dizaine de points de base selon les données Bloomberg (voir graphique); le décalage le plus important concerne cependant les dérivés de crédit d’opérateurs situés dans des pays confrontés à des finances publiques particulièrement dégradées, comme Hellenic Telecom, Telecom Italia ou Portugal Telecom. De fait, «les déséquilibres budgétaires de certains pays d’Europe du Sud comme la Grèce ou le Portugal pourraient entraîner une pression fiscale accrue sur les opérateurs de ces pays», estiment pour leur part les analystes crédit de LCM.

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