Michelin affiche sa volonté de conforter sa situation financière

le 29/09/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sans levée de fonds supplémentaires, le nouveau plan d’investissement du manufacturier aurait conduit à un accroissement de l’endettement net

Si beaucoup de groupes procèdent actuellement à des redistributions de liquidités pour remédier à leur excès de ressources, Michelin a fait le choix inverse. C’est bien pour financer la croissance que le manufacturier auvergnat vient d’annoncer une augmentation de capital de 1,2 milliard d’euros. Il ambitionne sur 2011-2015 d’augmenter ses investissements de 1,2 à 1,6 milliard d’euros par an. De quoi porter la croissance annuelle de son activité de 3-4% à une fourchette de 5-6% et atteindre plus de 2 milliards d’euros d’opérationnel en 2015 avec un ROCE de plus de 9%. La levée de fonds couvrira donc à elle seule 60% du surplus d’investissements.

En théorie, Michelin avait de quoi assurer cette enveloppe. Pour 2011 et 2012, le consensus prévoit en effet 1,76 et 1,99 milliard de capacité d'autofinancement (voir tableau). Mais Michelin a dans le même temps réaffirmé un autre objectif: maintenir un taux de distribution de 30%.

Dès lors, Michelin se serait exposé à voir son cash flow libre passer dans le rouge, avant même d’intégrer toute variation de BFR. Or, comme le rappelle le co-gérant Michel Rollier, «faire de la croissance nécessite un peu de BFR».

C’est donc en vue de ne pas accroître son endettement net que l’industriel a décidé de solliciter le marché d’actions. Alors qu’il n’envisage pas d’aller au-delà de 1,6 milliard d’euros d’investissements prévus, cette marge de manœuvre qu’il s’accorde lui permettra comme il l’indique lui-même de «conforter sa notation de crédit et sa capacité d’accès aux marchés de financements».

Il ajoute même vouloir «continuer à améliorer le gearing», selon le co-gérant Jean-Dominique Sénard. En juin, le gearing était de 53%, contre 55% en décembre et 75% en juin 2009.

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