Magna et Sberbank reprendront Opel

le 11/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les deux partenaires détiendront conjointement 55 % du constructeur allemand, GM conservant 35 %

C’est la fin d’un feuilleton qui a tenu en haleine l’industrie et la finance allemandes depuis l’hiver dernier. Pressé par Berlin, General Motors a dévoilé hier le nom du repreneur choisi pour sa filiale allemande Opel. Conformément aux souhaits exprimés maintes fois par Berlin, c’est le tandem Magna-Sberbank qui l’a emporté. Un choix validé dans la foulée par l’Opel Trust, chargé de l’administration du constructeur. Dès l’accord signé, Magna et Sberbank prendront ensemble 55 % d’Opel.

Selon GM, cet accord définitif devrait être signé « dans les prochaines semaines », la finalisation de la transaction étant prévue « dans les prochains mois ». Une fois réglés « les points clés » qui restent à formaliser, comme l’accord écrit des syndicats sur la restructuration, l’équipementier canadien Magna et la banque russe Sberbank (qui auront chacun 27,5 %) seront accompagnés par les salariés à hauteur de 10 % du capital et par GM qui en conservera 35 %.

Le communiqué diffusé hier ne détaille pas les modalités précises de l’opération. Mais dans l’été, le tandem avait dit prévoir d’investir 500 millions d’euros en capital. En face, le candidat écarté (le belge RHJ) avait pour sa part proposé d’apporter 300 millions d’euros pour la moitié du capital.

Reste que l’affaire ne s’est pas tant jouée sur le capital que sur des considérations politiques et sur les financements associés. Face aux 3,2 milliards d’euros prévus par RHJ, Magna et Sberbank ont obtenu sur le principe une garantie de Berlin sur un financement de 4,5 milliards. GM prend tout de même soin de préciser que la signature définitive se fera après « la finalisation d’un package de financement définitif de la part du gouvernement allemand ».

Si GM semble ces derniers jours avoir tenté un coup de force à l’approche des élections allemandes (en laissant entendre qu’il pourrait chercher à conserver sa filiale), Magna faisait néanmoins figure de favori depuis plusieurs semaines au vu du soutien très explicite de Berlin, notamment pour des questions d’emploi. En août, le canadien avait d’ailleurs déclaré avoir réglé les derniers points de divergence qui subsistaient avec GM et même avoir obtenu un accord de principe.

A l’origine, le constructeur américain avait manifesté ses craintes quant au devenir des brevets du groupe en cas de reprise par le tandem russo-canadien. Bien qu’insistant sur « le difficile travail des deux dernières semaines en vue de clarifier les points restant ouverts », le communiqué de GM ne donne pas tout le détail des engagements pris par les acquéreurs.

Ceci étant, il souligne qu’en dépit de sa prise d’indépendance capitalistique, Opel restera « une entité totalement intégrée au plan global de développement de produits de GM ». Les deux groupes continueront donc à collaborer en matière de développement mais aussi d’achats. L’américain insiste tout particulièrement sur les nouvelles technologies de propulsion, comme les véhicules électriques, pour lesquelles « des efforts conjugués » sont nécessaires.

Il va sans dire qu’avec une part de 35 % au capital et une collaboration industrielle poussée, GM se donne les moyens de contrôler l’utilisation faite de la propriété intellectuelle. L’américain aurait ainsi d’ores et déjà imposé des limites à l’assemblage de véhicules Opel en Russie.

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