L’ensemble Veolia Transport-Transdev est valorisé 3,7 milliards d’euros

le 06/05/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rapprochement des filiales de Veolia et de la Caisse des dépôts a été calculé sur la base d’un ratio de 7,4 fois l’Ebitda

L’accord définitif de rapprochement entre Transdev et Veolia Transport est signé. Dans ses grandes lignes, il reprend les éléments annoncés en décembre (L’Agefi du 22 décembre 2009). Ainsi la nouvelle structure sera détenue à parité par Veolia et la Caisse des dépôts (CDC), les deux maisons-mères des groupes rapprochés. Au préalable, la RATP cèdera ses 25,6% de Transdev en échange d’actifs et Transdev bénéficiera d’une recapitalisation de 200 millions effectuée par la CDC.

Si ces données étaient déjà connues, la présentation d’hier a toutefois permis de se faire une idée plus précise des critères de valorisation retenus pour cette opération. «Les valorisations ont été faites sur la base d’un ratio de 7,4 fois l’Ebitda. Un multiple conforme à celui utilisé dans la transaction récente entre la Deutsche Bahn et Arriva», a indiqué Antoine Frérot, le patron de Veolia Environnement.

Ainsi, au vu des résultats revendiqués par les deux partenaires et selon un calcul rapide, on peut estimer le nouvel ensemble à 3,71 milliards d’euros en valeur d’entreprise (voir tableau). Il est même possible à partir de ces données de donner la valorisation de chacune des parties prenantes: 2,37 milliards d’euros pour Veolia Transport et 1,34 milliard d’euros pour Transdev, une fois retranchés les actifs repris par la RATP.

Sachant que la nouvelle entité sous-tend une dette cumulée de 1,81 milliard d’euros, la valeur des capitaux ressort à 1,9 milliard d’euros. Des capitaux qui seront donc détenus à 50/50 par Veolia et la Caisse des dépôts (soit 950 millions d’euros chacun).

C’est d’ailleurs ce souci de parité qui contraindra la Caisse des dépôts à une recapitalisation préalable. Veolia Transport soutenant une dette de 1,42 milliard, ses capitaux propres ont bien une valeur de 950 millions si l’on se base sur les ratios retenus.

Côté Transdev, en revanche, les capitaux sont aujourd’hui plus faibles. Avec une valeur d’entreprise de 1,34 milliard mais une dette de 591 millions, les capitaux propres ne sont valorisés qu’à 750 millions d’euros. En injectant préalablement à la fusion 200 millions dans Transdev, la Caisse permettra donc d’abaisser la dette de sa filiale à 391 millions et de remonter par la même occasion la valeur de ses capitaux à 950 millions, c’est-à-dire au niveau de ceux de Veolia Transport.

Il est à noter également que le montant de cette injection correspondra peu ou prou à celui de la transaction avec la RATP. En échange de ses 25,6% de Transdev, la RATP recevra des actifs des deux groupes. «Les multiples sont les mêmes que pour le rapprochement», a précisé Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts. Or en se basant sur l’Ebitda des actifs transférés (27 millions), la valorisation ressort bien autour de 200 millions.

La gouvernance de ce nouveau leader des transports a par ailleurs été arrêtée. La présidence sera assurée par Antoine Frérot, tandis que la direction générale reviendra à Joël Lebreton, actuellement à la tête de Transdev. L’actuel directeur général de Veolia Transport, Cyrille du Peloux, occupera quant à lui le fauteuil de directeur général délégué. Le conseil comptera sept membres: trois proposés par la Caisse et quatre proposés par Veolia, qui sera l’opérateur industriel.

Reste tout de même à connaître le schéma concret du rapprochement, entre apports d’actifs à une holding à 50/50 ou fusion-absorption d’une entité par l’autre. «La forme juridique n’est pas encore décidée», a indiqué Antoine Frérot.

En attendant, les candidats vont notifier leur projet à Bruxelles. Et le temps de réponse de l’exécutif européen aura son importance pour la suite des événements. C’est en effet dans un délai de 12 mois après le closing que devrait avoir lieu l’entrée en Bourse de l’ensemble fusionné.

Antoine Frérot a en conséquence précisé que l’IPO pourrait avoir lieu soit au premier semestre, soit vers la fin de l’année 2011, voire au début de 2012. Un calendrier un peu plus tardif que celui avancé initialement, qui prévoyait une mise sur le marché plutôt début 2011.

La part du capital offerte à cette occasion n’est pas encore connue. Mais une chose est acquise. L’IPO se fera «par augmentation de capital», selon Antoine Frérot. Le but étant d’accompagner le développement de l’entreprise qui ambitionne une croissance moyenne de son activité de 6% à l'horizon 2015.

Les deux maisons-mères resteront en tout cas majoritaires au sein de leur filiale commune. Aux côtés de l’opérateur industriel que sera Veolia, la Caisse entend bien être «un actionnaire stratégique de long terme».

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