L’attrait pour les convertibles ne se dément pas

le 17/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Publicis et Nexans viennent d’émettre coup sur coup et pourraient être imités par d’autres

Les opérations se succèdent de jour en jour sur le segment des convertibles. Certes, à fin mai, les volumes de l’année stagnaient à 22 milliards de dollars selon Thomson Reuters, loin de ceux du début de 2008. Il n’empêche qu’après cinq à six mois atones, le marché primaire s’est ressaisi à partir de mars et surtout d’avril. Au point que 75 % de ces 22 milliards ont été émis en avril-mai. Et juin semble bien parti pour maintenir le rythme. En deux jours, deux opérations viennent d’être placées chez Nexans et Publicis.

Le groupe publicitaire a décidé d’émettre 719 millions d’euros (option de surallocation incluse) avec une prime de 35,5 % et un coupon de 3,125 %. En cas de conversion totale, ces titres d’échéance 2014 (30 juillet) pourraient entraîner la création de 25,77 millions d’actions, soit une dilution potentielle de 11,9 % par rapport au capital actuel.

Le groupe y a en tout cas vu la possibilité d’« anticiper ses opérations de refinancement à un moment et à des conditions qu’il juge favorables ». Outre l’allongement de la maturité moyenne de sa dette (2,7 ans avant l’opération) permise par cette émission, il s’est en effet donné de la marge. Sa seule grosse échéance à court terme concerne une option de remboursement anticipé de son Oceane 2018 pour 144 millions d’euros en janvier prochain. L’échéance suivante ne sera qu’en 2012 avec un remboursement obligataire d’environ 750 millions.

Publicis n’est pas le seul à rester fidèle à ce segment. « Il y a eu plusieurs fenêtres favorables aux convertibles par le passé, notamment une, fin 2006 et début 2007. Or ceux qui ont déjà émis ont tendance à revenir sur le marché », souligne un spécialiste du primaire. Et même si les échéances de refinancement de certains sont lointaines, il peut être judicieux de sortir rapidement. « Autant profiter de la fenêtre actuelle », indiquait récemment un analyste à L’Agefi en précisant que l’appétit du marché pour les convertibles sera peut-être moins soutenu dans quelques mois.

Compte tenu des conditions de marché actuelles, les convertibles restent donc une solution de refinancement intéressante. D’autant que si les coupons moyens ont augmenté en un an (de 3,4 % fin mai 2008 à 4,9 % fin mai 2009 selon Thomson Reuters), ils demeurent bien inférieurs à ceux versés sur l’obligataire en catégorie investissement (5,5 % en moyenne). Fin mars, ArcelorMittal aurait par exemple (sur la base de ses CDS) dû payer 1.200 pb sur l’obligataire. Or, il n’a versé que 7,25 % pour sa convertible. Mieux encore, Q-Cell a pu mi-mai placer une convertible alors qu’il n’est pas noté.

Avec des deltas plus élevés que par le passé, les investisseurs répondent donc présent, à voir la demande reçue par certaines opérations (ArcelorMittal a relevé de 50 % la taille de son placement de mars). Et il ne s’agit pas d’arbitrages. « 80 % de la demande est directionnelle », note le spécialiste du primaire.

Cet appétit pourrait bien inciter d’autres groupes à venir placer des titres avant la pause de l’été. Hier le JdF faisait état d’une émission prête à sortir chez Air France-KLM. Depuis quelques semaines, le marché s’attend aussi à une opération chez Valeo, notamment en vue du remboursement d’une Oceane début 2011 pour 444 millions d’euros.

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