Kraft Foods se donne un peu de marge en vue du rachat de Cadbury

le 10/09/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe serait en train de monter un financement de huit milliards de dollars. Ce qui peut laisser entrevoir un ajustement de son offre

Entre son bilan tendu et l’opposition de Cadbury à son offre, Kraft Foods doit faire face à une délicate équation. Pour autant il semble se préparer à faire un geste par rapport à sa proposition initiale de 0,2589 action Kraft plus 300 pence (soit 714 pence par action Cadbury aux cours de mardi soir). Selon Bloomberg, l’américain est en train de monter avec Citigroup et Deutsche Bank un financement de 8 milliards de dollars. Or, sa première approche ne nécessite pas autant de fonds.

Dans sa forme actuelle, son offre requiert en effet un versement en cash de 4,1 milliards de livres (42 % du total), soit 6,78 milliards de dollars (voir tableaux). Kraft semble donc se donner les moyens d’aller plus loin. Mobiliser 8 milliards de dollars (4,84 milliards de livres) pourrait lui permettre de verser jusqu’à 374 pence en cash par action Cadbury.

Le groupe ayant déjà dit être prêt à modifier le mix cash-actions, une offre maintenue à 714 pence mais à 50-50 deviendrait possible sur un plan comptable. Elle aurait aussi le mérite, en réduisant la part en titres, de ramener de 19 % à 17 % la dilution des actionnaires actuels de Kraft.

Reste que le geste serait symbolique et que le prix de 714 pence pourrait toujours avoir du mal à convaincre alors que l’action Cadbury vogue autour de 785 pence.

La solution serait alors de relever le prix. « Nous pensons qu’un prix de 850 à 875 pence est nécessaire », note Credit Suisse. En maintenant un versement en cash de 4,1 milliards de livres, la marge serait faible (sauf à réduire drastiquement la part de cash). En revanche, avec 8 milliards de dollars (4,84 milliards de livres) de financements, Kraft s’ouvrirait des perspectives. Il pourrait monter jusqu’à 850 pence tout en conservant une offre à 42 % en numéraire.

Sachant que les agences de notation se sont déjà inquiétées des tensions pesant sur le bilan de Kraft et sachant que l’américain ne compte pas procéder à des désinvestissements, il pourra en tout cas difficilement relever à la fois le prix et la part en cash. Une amélioration du prix avec maintien de la part en cash pourrait donc s’avérer une option intéressante en vue de la préservation de ses notes en catégorie investissement. A ceci près que les actionnaires de Kraft pourraient aussi avoir leur mot à dire. Car avec une offre à 850 pence, leur dilution grimperait à 22 % du fait du nombre plus important de titres à émettre.

A lire aussi