GM offre son capital au Trésor américain

le 28/04/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A l’issue de la restructuration, l’Etat aura au moins 50 % du capital et les obligataires 10 %

La restructuration de General Motors est lancée. Et hier, le constructeur a prévenu d’emblée que si elle n’était pas avalisée par ses créanciers d’ici au 1er juin, il se placerait « sous la protection du régime américain des faillites ». Le schéma reste pour le moins classique puisque GM propose d’échanger de la dette contre du capital. Ainsi, les créanciers obligataires se verront offrir 225 actions en échange de 1.000 dollars de dette (en nominal). De quoi alléger de 27 milliards de dollars l'endettement.

Sur la base des cours d’hier (environ 2 dollars en séance), cela représenterait une somme de 450 dollars pour 1.000 dollars de nominal (sans compter un coupon accru au 30 juin). Un taux de recouvrement en apparence supérieur à ce que semblait espérer le marché. D’ailleurs hier les obligations GM, à l’image des 2011 à 7,2 %, montaient légèrement. « Pour atteindre le taux d’acceptation voulu de 90 %, GM se devait d’offrir des conditions marquantes », relève un analyste parisien.

Il n’empêche que le groupe n’a pas oublié de procéder à une vraie hiérarchisation au sein de ses créanciers. Ce qui fait dire à un analyste américain que la conversion « reste une option peu attractive pour les obligataires ». De fait, le Trésor va aussi convertir une partie de ses créances, tout comme les fonds de santé du groupe (Veba) le feront avec les engagements du groupe à leur égard. De quoi alléger les engagements de GM de 44 milliards au total (voire 47 milliards en cas d’acceptation à 100 %). 

En échange de 10 milliards de dettes, le Trésor aura au moins 50 % du capital. D’où une nationalisation de fait. Et moyennant une réduction des engagements de GM d’environ 50 % (10 milliards), les fonds Veba auront une part pouvant aller jusqu’à 39 % (les deux participations s’ajusteront pour faire un cumul de 89 %). Quant aux obligataires, bien que devant apporter 27 milliards de dollars de dette, leur part au capital se limitera à 10 %.

Les obligataires sont-ils lésés ou bien est-ce le Trésor qui est privilégié ? Difficile à dire pour l’heure. La question devra s’apprécier au vu des résultats de l’offre, lesquels au-delà des simples critères de conversion dépendront de la crédibilité accordée au plan industriel dévoilé hier par GM (voir encadré) et donc de la valorisation future. Mais dans ce dossier hautement politique, il est d’ores et déjà évident que la priorité a été donnée aux contribuables et aux salariés. Les actionnaires actuels conserveront pour leur part 1 % du groupe. Avec une capitalisation de 1 milliard de dollars avant l’annonce, ils ne pouvaient guère espérer mieux.

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