Les défauts sur dettes fournisseurs ont bondi de 85 % cette année en France

le 18/11/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le coût de ces défaillances s’élève à trois milliards d’euros supplémentaires pour les entreprises, selon l’assureur-crédit Euler Hermes

En 2009, les défaillances mondiales afficheront une hausse record de 33% après une croissance de 26% en 2008, anticipe Euler Hermes. Toutefois, en 2010, l’assureur-crédit mise sur une stabilité (voir graphique). La France devrait afficher un bond de 17% des faillites cette année à un niveau historique de 67.500, qui devrait encore progresser de 2% à 68.600 l’an prochain.

La progression des défaillances dans le monde en 2008 s’explique pour moitié par la forte contraction de l’activité et pour moitié par le resserrement des conditions de crédit au second semestre. Mais en France, la crise économique, entraînant chute du chiffre d’affaires et perte de profitabilité, a été la principale cause des faillites. En effet, les PME françaises se caractérisent par une part des dettes non financières de près de 50% contre 30 à 40% ailleurs. Aussi, la crise de financement bancaire a compté pour moins de 10% des défaillances en France, car les autres sources de financement ont amorti le choc : les dettes fournisseurs avec une augmentation des délais de paiement fin 2008 et les dettes sociales avec les moratoires des administrations publiques.

En réalité, le risque bancaire de court terme a glissé vers le risque commercial en France. En effet, le défaut sur dette bancaire de court terme est resté inchangé en 2009, alors qu’il a bondi de 150% pour les dettes moyen et long terme, et de 85% pour les dettes fournisseurs. Aussi, Euler Hermes chiffre les défauts de remboursement (liés à des défaillances) à 3 milliards d’euros supplémentaires pour les entreprises et 5 milliards de plus pour les banques. Les filières de l’automobile et du bâtiment ont supporté le gros du choc économique de 2009.

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