La consolidation dans le secteur pharmaceutique devrait se poursuivre

le 27/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sanofi-Aventis et Novartis pourraient manifester leur intérêt pour Crucell. GlaxoSmithKline se verrait incité à racheter AstraZeneca

En s’offrant Wyeth, Pfizer laisserait-il la place libre à Sanofi-Aventis pour le rachat de fabricant néerlandais de vaccins Crucell? Le marché semble spéculer sur une telle hypothèse, alors que le laboratoire français sous-performait hier le CAC 40 de près de 6 points.

En effet, la biotech hollandaise annonce dans un communiqué, que «Wyeth s’est retiré des discussions sur un éventuel rapprochement des deux sociétés». Selon une source proche du dossier citée par Reuters, Wyeth aurait proposé au moins 20 euros par action, soit une valorisation de Crucell de 1,3 milliard d’euros. «Nous fixons la fair value de Crucell à 25 euros par action, soit 1,6 milliard d’euros, confie un analyste. Tant Sanofi-Aventis que Novartis semblent bien placés pour racheter le groupe néerlandais, avec lequel ils ont déjà des accords de partenariat». Avec 7 milliards de cash-flow en 2007 et un ratio d’endettement de moins de 10%, Sanofi-Aventis a les moyens de ses ambitions. En attendant, Crucell abandonnait hier en Bourse près de 13%.

Plus généralement, la méga-fusion de Wyeth et Pfizer pourrait stimuler une vague de consolidation du secteur, alors que les laboratoires cherchent à diversifier leurs sources de revenus face à la concurrence des génériqueurs et à la tombée dans le domaine public des brevets de nombreux blockbusters. «Les perspectives pour l’industrie ont régulièrement diminué, tandis que les multiples de valorisation du secteur (PE) ont baissé sous l’assaut combiné des pressions sur les prix, de la concurrence agressive des génériques et d’une plus faible productivité de la R&D», notent les analystes de Deutsche Bank.

Notamment, les observateurs évoquent AstraZeneca, comme cible potentielle, même s’ils admettent qu’il existe aussi des raisons pour que cette opération ne se réalise pas. En effet, l’expérience a montré que toutes les fusions ne sont pas créatrices de valeur. «Avec la plus faible valorisation et la plus petite capitalisation, AstraZeneca est souvent présentée comme cible en Europe. Toutefois, son seul atout réside dans la biotech MedImmune acquise en 2007, confie un expert à L’Agefi. GlaxoSmithKline pourrait être incité à un tel rachat dans le but de créer un champion national britannique».

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