Les conseils du CAC 40 se féminisent

le 01/06/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les femmes occupent désormais 14% des sièges, et devraient se renforcer dans les comités

Alors que les trois quarts des AG se sont déjà déroulées, InvestorSight a dressé un premier bilan des nouveaux conseils d’administration du CAC 40, particulièrement transformés cette année. Au total 53 nouveaux administrateurs sont entrés aux conseils, deux fois plus qu’à l’accoutumée. La moitié sont des femmes, et les trois quarts des indépendants. Désormais les femmes occupent 14% des sièges du CAC 40 (contre 11% avant les AG), dont 24% dans les banques et assurances mais seulement 10% dans les services.

Désormais, 20% des groupes du CAC 40 satisfont aux exigences du code Afep-Medef pour 2013 (un minimum de 20% de femmes au conseil), mais encore deux sociétés (EADS et STMicro) ne comptent aucune administratrice. Ce mouvement a été permis grâce à l’ouverture des conseils, avec la création de 34 nouveaux sièges cette année, contre seulement 13 en 2009.

Toutefois, «il reste du chemin à parcourir, rappelle Bénédicte Hautefort, associée d’Ondra Partners et présidente d’InvestorSight. Ces 53 nouveaux administrateurs ne pèsent pas encore très lourd sur le total des 604 fauteuils du CAC 40 ; le cumul excessif des mandats reste un sujet important, comme la faible représentation des étrangers, et le rôle encore trop discret des femmes au sein des conseils - elles sont pour l’instant beaucoup moins présentes que les hommes dans les comités». Avant les AG, seules 36% des administratrices participaient à un comité, contre 63% pour les hommes.

Parallèlement, les conseils cherchent à rassurer les actionnaires minoritaires en multipliant notamment les administrateurs référents et les censeurs. La moitié des sociétés du CAC ont l’un ou l’autre, parfois les deux à l’instar de la Société Générale. Après Accor, PPR et Société Générale qui avaient déjà mis en place un administrateur référent Vinci, Axa, Capgemini et Veolia les ont rejoints cette année. «Leur poids est affirmé, à la différence des censeurs, plus discrets, qui ne sont pas administrateurs», note l’étude. Pour l’heure, 9 sociétés du CAC 40 comptent au moins un censeur.

Si la féminisation des conseils est maintenant en bonne voie – sous l’effet de la menace législative –, l’internationalisation des conseils ne semble toujours pas une priorité, avec 21% d’administrateurs étrangers au sein du CAC 40, et aucun chez France Télécom et Michelin.

A lire aussi