Barrière est valorisé au mieux 700 millions d’euros

le 17/09/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La famille Desseigne montera de 51 à 53 % du capital. Accor ne devrait pas dégager de moins-value

Groupe Lucien Barrière entrera en Bourse le 1er octobre. 15,2 millions de titres – et même 17,5 millions avec l’exercice de l’option de surallocation, soit la totalité de la participation de 49 % d’Accor – seront offerts dans une fourchette de 16,10 à 19,60 euros. Voulant donner au marché un signe de confiance, la famille Desseigne-Barrière participera à hauteur de 2% et détiendra alors 53% du capital du casinotier. L’opération est conduite par BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Lazard-Natixis et Société Générale CIB.

Aux termes du prospectus d’introduction, le groupe hôtelier et casinotier est valorisé entre 575 et 700 millions d’euros. Une fourchette éloignée de la valorisation de 1,02 milliard de mars 2009, quand Accor avait acquis 15% de Barrière pour 153 millions d’euros dans le cadre de d’option de vente dont disposait Colony Capital.

En tenant compte de la dette nette estimée par le groupe de 400 à 410 millions en fin d’exercice, la valeur d’entreprise (VE) ressort entre 980 millions et 1,1 milliard. Un montant «supérieur à nos attentes qui tournaient autour de 850 millions d’euros», note Oddo. Le ratio moyen VE sur excédent brut d’exploitation (EBE) estimé 2010 ressort à 7,7, légèrement au-dessus de ceux du secteur des jeux: 7,1 pour l’anglais Ladbrokes ou 6,4 pour l’italien Lottomatica; mais en-dessous de ceux de l’hôtellerie: 7,9 pour Accor ou 10,2 pour Sol Melia.

Le casinotier vise une croissance annuelle moyenne d’au moins 5% du chiffre d’affaires – hors jeux en ligne – sur 2010-2013, dont 30% proviendra des casinos en développement. Quant à la marge d’EBE, elle devrait atteindre 27% en 2013, le niveau pro forma de 2007, contre 20% en 2009.

Le groupe peut déjà se targuer d’une hausse de 6,2% de son chiffre d’affaires net sur son troisième trimestre (mai-juillet), avec un ralentissement de la décroissance du produit brut des jeux (-1,6%, contre -4,5% sur son premier semestre) et une croissance de 10% du chiffre d’affaires hôtellerie. «Nous pensons que le point bas en termes d'activité des casinos est passé et que toute reprise de la croissance du chiffre d’affaires aura, compte tenu du modèle économique fortement générateur de cash, un impact très positif sur la profitabilité et la structure financière des opérateurs», note le bureau Gilbert Dupont.

La fixation du prix de l’offre le 30 septembre sera un bon indicateur de la confiance des investisseurs dans ces perspectives. Pour les convaincre, Barrière s'engage à distribuer au moins 50% du résultat net consolidé, contre 40% annoncé dans le document de base. Pourtant en 2009, pour un bénéfice de 1,9 million d’euros, les actionnaires se sont versé 5 millions de dividendes.

Si Accor estimait sa participation dans Barrière de 500 à 700 millions d’euros, elle est valorisée dans ses comptes à 530 millions, dont 198 millions de dette, fin juin 2010. Accor devrait donc engranger de 282 à 343 millions d'euros. Aussi, le risque de moins-value reste limité au maximum à 50 millions.

D'ailleurs, les analystes restent positifs sur Accor, qui va poursuivre la réduction de sa dette. Cet apport de cash «devrait alimenter des dividendes significatifs en 2011 voire peut-être des rachats d’actions dès l’année prochaine», conclut Oddo.

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