Le premier actionnaire de Mr Bricolage ne veut pas d’un rachat par Bricorama

le 14/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A la tête de 41,9% du capital, l’ANPF a repoussé les avances de son concurrent. Ce dernier ne désespère pas de le convaincre de l’intérêt d’un rapprochement.

Mr Bricolage a échoué dans son rapprochement avec Kingfisher. Le groupe de magasins de bricolage ne veut pas non plus d’un rachat par Bricorama. Son principal actionnaire, l’ANPF (Association nationale des promoteurs du «faites-le-vous-même»), à la tête de 41,9% du capital, a rejeté la proposition. «Le conseil d’administration de l’ANPF, informé de l’offre indicative de Bricorama, a souhaité l’inscrire dans une réflexion plus large à mener sur sa nouvelle stratégie et de ne pas y donner suite», a tranché la société dans un communiqué.

L’ANPF, qui représente les affiliés et adhérents de Mr Bricolage, est majoritaire au conseil d’administration. «Il n’y a jamais eu de négociations» et «il n’y a pas aujourd’hui de discussion en cours», a appuyé Mr Bricolage.

Conscient des tensions créées par l’échec du rachat par Kingfisher, et connaissant parfaitement son concurrent pour avoir débuté sa carrière sous une enseigne Mr Bricolage, Jean-Claude Bourrelier, le président de Bricorama, a tenté une offre «opportuniste» selon un bon connaisseur du dossier. Le prix de 15 euros par action, valorisant Mr Bricolage 155,8 millions d’euros, le même que celui offert l’an dernier par Kingfisher, avait toute les chances de convaincre la famille Tabur. Celle-ci est vendeuse de sa part de 26% du capital.

Des contacts jugés «constructifs» par une source proche ont eu lieu ces dernières semaines entre les directions des deux groupes. Mais le départ précipité la semaine dernière de Jean-François Boucher de son poste de PDG de Mr Bricolage a rompu le fil. Son départ ne serait pas lié aux discussions avec Bricorama, mais la conséquence de l’échec du projet avec Kingfisher. Pour relancer le groupe, l’ANPF a changé ses représentants au conseil de Mr Bricolage et entend aujourd’hui miser sur sa stratégie d’indépendance.

Ce rapprochement aurait été «créateur de nombreuses synergies opérationnelles par la complémentarité des savoir-faire respectifs des deux groupes et de leurs réseaux de magasins», est persuadé Bricorama. Ce dernier détient 3% du marché, environ quatre fois moins que son concurrent. Selon une source proche, le rapprochement n’entraînerait aucune fermeture de magasins, contrairement au projet avec Kingfisher. Avec ces arguments, la direction de Bricorama ne désespère pas convaincre l’ANPF de revoir sa position dans les prochains mois.

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