L’Etat ponctionnera davantage les télécoms pour renflouer l’audiovisuel public

le 14/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La taxe sur les fournisseurs internet passera de 0,9% à 1,2% du chiffre d’affaires en 2016, alors que la redevance augmentera seulement d’un euro.

Ce sont finalement les opérateurs télécoms qui seront largement mis à contribution pour rétablir l’équilibre financier des entreprises de l’audiovisuel public. Dans un entretien au JDD, la ministre de la Culture Fleur Pellerin a annoncé que la taxe payée par les fournisseurs d’accès à Internet «passera de 0,9% de leur chiffre d’affaires actuellement à 1,2% à partir de 2016». Elle estime que les opérateurs ne prendront pas le risque de répercuter cette hausse sur leurs tarifs, en raison de la concurrence qui règne dans ce secteur.

Le gouvernement attend de cette mesure une recette supplémentaire de 70 à 80 millions d’euros, à comparer à une impasse de financement estimée entre 90 et 100 millions pour l’ensemble des télévisions et radios publiques. Cette taxe introduite en 2009 rapporte environ 220 millions d’euros à l’heure actuelle.

Fleur Pellerin a en revanche écarté le rétablissement de la publicité sur les chaînes publiques après 20h00, supprimée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Alors que les chaînes privées craignaient une telle mesure, les opérateurs télécoms se sentent désormais injustement visés par le bond de 30% de la «taxe Copé».

Dénonçant «une forme de mépris» pour l’industrie des télécoms, le PDG d’Orange Stéphane Richard a ajouté que cette décision a été prise «sans aucune concertation préalable». Le président de la Fédération française des télécoms, Didier Casas, a pour sa part estimé qu’il y avait un «problème de confiance et de cohérence dans la parole publique».

La hausse de la redevance restera limitée à l’inflation, donc «contenue à un euro» en 2016. «Une solution aurait été d’augmenter la redevance de quatre euros : nous nous y refusons. Une telle décision aurait été incohérente, la politique du gouvernement visant, au contraire, à baisser les prélèvements», a expliqué la ministre. Pour les mêmes raisons, elle confirme que l’idée de taxer ordinateurs, tablettes et smartphones n’est pas à l’ordre du jour, en concédant qu’il faudra «s’interroger dans le futur sur une réforme plus globale, adaptée à ces nouveaux usages».

La ministre qualifie par ailleurs le lancement d’une chaîne d’informations sur Internet annoncé par Delphine Ernotte, nouvelle présidente de France Télévisions, de «très beau projet». Cette dernière, qui plaidait à la fois pour un élargissement des créneaux publicitaires et pour une hausse de la redevance, s’est néanmoins dite déçue par cet arbitrage gouvernemental.

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