Free défend son lucratif pré carré dans le fixe

le 11/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La nouvelle box dévoilée hier par l'opérateur vise à contrer l'offensive de Bouygues Telecom dans l'ADSL dont l'offre commence à devenir menaçante.

Pour Xavier Niel, le fondateur et premier actionnaire d’Iliad (Free), l’offensive de Bouygues Telecom dans l’accès à internet fixe n’était qu’un coup marketing. L’annonce hier de la sortie d’une nouvelle Freebox montre que la menace commençait à devenir sérieuse. «Nous voulons redynamiser nos offres d'entrée de gamme», a reconnu hier Thomas Reynaud, le directeur financier d’Iliad, après la présentation sur scène de Xavier Niel.

Les chiffres sont éloquents. Depuis cinq trimestres, Bouygues Telecom est devenu le premier recruteur d’abonnés ADSL. En 2014, grâce au lancement de son offre à 19,99 euros par mois, la filiale de Bouygues a conquis 416.000 nouveaux clients dans le fixe, contre 167.000 en 2013. Iliad dévoilera ses chiffres 2014 demain lors de l’annonce de ses résultats annuels, mais ils seront bien inférieurs à ceux de Bouygues. Après 3 trimestres en 2014, Free n’avait gagné que 165.000 nouveaux clients.

Cette nouvelle box doit permettre de redynamiser l’image de Free dans le fixe sans pour autant toucher aux plantureuses marges de l’opérateur dans cette activité. La marge d’Ebitda d’Iliad dans l’ADSL tourne autour de 42% et ses cashs-flows servent à financer l’offensive tarifaire dans le mobile. Elle viendra simplement se substituer à l'offre Crystal déjà existante.

Si elle intègre la nouvelle norme vidéo à très haute définition 4K, ce qui nécessite d’avoir un téléviseur compatible pour en profiter, la "Freebox mini 4K" apporte peu de nouveautés, surtout pas au niveau du prix. Alors que le marché s’inquiétait d’une nouvelle offensive tarifaire, l’abonnement mensuel pour ce type d’appareil a été maintenu à 29,99 euros par mois. De même, le design de la box, dont le coût est estimé à 200 euros, un prix relativement faible, permet de protéger un peu plus la marge. Pour cela, Iliad est allé jusqu’à faire la paix avec Google en intégrant dans la Freebox mini le système Android. Un choix surprenant alors qu’Iliad s’était toujours prononcé jusqu’alors contre l’intégration d’Android dans ses équipements, car cela revenait, selon son directeur général Maxime Lombardini, à «laisser les clés à Google».

Iliad n’a donc pas révolutionné son lucratif modèle. L’annonce d’hier, et tout le tapage qu’elle a créé en amont, a toutefois permis de vérifier la nervosité qui règne dans le secteur des télécoms français. Les cours des Bourse des concurrents qui s’étaient effondrés lundi, se sont redressés hier.

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