Air-France KLM cherche à retrouver la confiance des représentants de KLM

le 04/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que les comptes 2014 du groupe promettent de décevoir, la compagnie néerlandaise refuse que sa trésorerie soit sacrifiée à Air France.

Deux semaines avant la publication des comptes d’Air France-KLM, les administrateurs de la holding ont voulu temporiser devant la fronde des représentants de la compagnie néerlandaise, qui a fusionné avec sa rivale française en 2004. Le groupe a démenti les informations de la presse qui, depuis plusieurs jours, prêtait au conseil d’administration, en majorité issu d’Air France, la volonté de consolider la gestion des trésoreries des deux compagnies.

Ce cash pooling permettrait au groupe de réduire son endettement global et d’emprunter dans de meilleures conditions.

Mais le transfert des excédents de trésorerie de KLM (un milliard d’euros) vers la holding fait craindre aux Néerlandais un siphonage des liquidités de leur compagnie au profit d’Air France, qui est en perte. Le gouvernement des Pays-Bas – resté actionnaire de KLM à hauteur de 5,9% – s’est ému du sujet.

En outre, De Telegraaf mentionnait hier la possibilité d’une «banqueroute technique du groupe», hypothèse qualifiée de «totalement fausse» par la direction. Des cadres cités par le quotidien évoquent aussi l’intention de modifier la structure de la holding pour transformer KLM en simple filiale d’exploitation à Schipol, le principal aéroport des Pays-Bas.

Selon Air France-KLM, le sujet de la gestion de trésorerie a été abordé en deux occasions. Dans un premier communiqué daté du 27 janvier, le groupe affirme que les «décisions techniques» validées la veille par le conseil de surveillance de KLM «ne comprennent pas de transfert d’excédent de trésorerie». Dans le second communiqué, du 2 février, le conseil d’administration d’Air France-KLM précise avoir «été informé des questions posées par certaines parties prenantes néerlandaises et des solutions qui ont été finalement adoptées», sans en préciser la nature. Le groupe n’a pu répondre aux sollicitations de L’Agefi.

La tentation de remonter du cash peu rémunéré est logique. «La situation est plus tendue chez Air France que chez KLM sur les sujets comptables et de bilan. Hormis les effets de la grève, le moyen courrier a souffert en 2014: or ce segment est nettement plus représenté chez Air France que chez KLM. Le groupe aurait eu l’occasion de renforcer ses fonds propres lorsque l’action était à 11 euros; mais une augmentation de capital ou une émission de convertibles est exclue aujourd’hui», estime un analyste, alors que le titre a terminé hier à 7,55 euros (-0,7%) hier, après une année 2014 marquée par trois avertissements sur résultats.

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