Orange mise sur une nouvelle consolidation du marché français

le 14/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le PDG de l'opérateur juge inévitable le passage de quatre à trois opérateurs mobiles en France. Mais Orange ne lancera pas le mouvement.

Stéphane Richard juge «prudent de ne pas se laisser intoxiquer par le discours des uns et des autres». Martin Bouygues a beau marteler pouvoir garantir l’indépendance de son opérateur de télécoms, Xavier Niel a beau certifier que Free n'a pas besoin de se rapprocher d’un concurrent, le PDG d’Orange ne voit pas pourquoi la France échapperait au mouvement de consolidation qui touche la plupart des pays européens.

Entre la guerre des prix, les investissements dans les réseaux (fibre ou 4G) et les achats de fréquences, «la situation économique fait qu'il y a une pression naturelle vers la consolidation du secteur», explique Stéphane Richard. Selon lui, Orange souffre d’un déficit de marge opérationnelle de 7 à 8 points par rapport à ce que dégagent ses confrères européens sur leur marché national. Il n’est en réalité que de 3 points par rapport à Deutsche Telekom en Allemagne par exemple (37% contre 40%). Mais ce qui est déjà «limite par rapport aux standards qu’il faudrait» pour Orange est «donc encore plus vrai pour les acteurs qui n'ont pas notre taille», poursuit le dirigeant. Il ne donne pas de nom mais tous les regards se tournent vers Bouygues Telecom. Numericable vient tout juste de racheter SFR qu’il affiche déjà ouvertement son appétit pour l'opérateur de Bouygues.

Convaincu des bienfaits pour les industriels d’un passage de quatre à trois opérateurs, Stéphane Richard ne lancera pas pour autant le mouvement. «On a essayé en 2014, on n'a pas réussi, on a refermé le dossier. Si cela se passe en dehors de nous c'est mieux», reconnait le PDG. Orange compte en fait récolter les fruits indirectement, en reprenant certains actifs par exemple, car «compte tenu des positions des uns et des autre cela passera par une association avec d'autres». La cession en cours d’EE à BT en Grande-Bretagne donnera à Orange la flexibilité financière nécessaire pour se mêler à d’éventuelles discussions, assure Stéphane Richard.

Les enchères annoncées par l’Etat en décembre 2015 pour la bande de fréquences des 700 mhz pourraient servir de catalyseur à la consolidation. Cette cession de ressources rares pour les opérateurs mobiles permettra de vérifier «l’implication» des différents opérateurs français sur le marché et de voir «qui peut faire un gros chèque», prévient Stéphane Richard.

Orange, qui présentera un nouveau plan stratégique à l'horizon 2020 le 17 mars, a déjà prévu de participer à ces enchères.

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