Les évictions de dirigeants ont bondi avec la crise

le 14/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon une étude de Morgan Stanley, le contexte pousse aux évolutions de management. Si elles produisent des effets, elles ne créent pas de miracle pour autant.

Les évictions de patrons augmentent en période de crise. Crédit Fotolia.

L’éviction de Dalton Philips, le patron de Morrisons, a fait bondir de 4,47% l’action de la chaîne d’épiceries britannique. Ce phénomène invite à s’interroger sur le bien-fondé des changements à la tête des groupes cotés européens, dans un contexte où, face à des perspectives de croissance mitigées en Europe, les actionnaires hésitent moins à contester les responsables.

«Les investisseurs sont devenus plus attentifs aux changements à la tête des entreprises», affirme Morgan Stanley dans une étude parue lundi sur le sujet. Deux raisons à cela, selon les analystes de la banque américaine. D’une part, le marché doute des perspectives de croissance économique en Europe et n’anticipe pas de hausse des bénéfices par action à court et moyen terme. D’autre part, l’activité des entreprises redémarre malgré tout, dans un contexte de coût de financement extrêmement faible: pour qu’une entreprise figure dans le camp des gagnantes, elle doit avoir les dirigeants adéquats.

Les changements de direction ont augmenté ces dernières années, selon le recensement effectué par Morgan Stanley. Ils ont concerné 21% et un peu moins de 20% des sociétés de l’indice MSCI en 2013 et 2014, contre 16% en 2010. Cette tendance touche particulièrement les télécommunications (35% des sociétés du secteur concernées l’année dernière par exemple), les services aux collectivités et l’énergie.

Reste à savoir si l’arrivée d’une nouvelle direction produit l’effet escompté sur le cours de Bourse. «Notre analyste historique montre que si un changement ne conduit pas nécessairement une action à surperformer le marché, il limite sa sous-performance dans les deux ans qui suivent», indiquent les analystes de la banque américaine. Notamment auprès de sociétés qui affichent un ratio prix/valeur comptable faible (inférieur à 1) et/ou un rendement sur fonds propres très élevé (supérieur à 30%) ou modeste (entre 5 et 10%).

Dès lors, l’identification de valeurs dont le titre pourrait profiter d’un changement récent survenu à leur tête peut être utile. Morgan Stanley publie une liste de 13 sociétés dans ce cas, notamment les groupes pharmaceutiques Shire et Novartis, les utilities Veolia Environnement et GDF Suez, le distributeur Tesco et les sociétés de biens d’équipement Rolls Royce, SKF et Zumtobel. Ce portefeuille affiche une progression médiane de 1,7% en termes absolus et de 0,3% par rapport au MSCI depuis l’annonce des changements de direction.

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