Arkema boucle le refinancement en trois étapes de l'acquisition de Bostik

le 14/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le chimiste a placé 700 millions d'euros d'obligations à 10 ans, complétant la dette hybride et les nouvelles actions émises fin 2014.

Mission accomplie pour Arkema. Le groupe de chimie a bouclé hier, selon le plan initial, l’opération de refinancement de l’acquisition de Bostik, le groupe de colle et d’adhésifs racheté à Total en septembre 2014 pour une valeur d’entreprise de 1,74 milliard d’euros. Profitant de l’animation traditionnelle du marché de la dette en début d’année, Arkema a placé 700 millions d’euros d’obligations à 10 ans avec un coupon de 1,50%, soit 87 points de base au-dessus des mid-swaps.

La demande a permis de resserrer le spread, initialement proposé autour de 100 points de base. Les titres offrent un rendement total de 1,609%. Citi, Crédit Mutuel CIC, Commerzbank, Natixis et la Société Générale étaient teneurs de livres. Cette émission obligataire constituait le troisième volet du refinancement de Bostik. Dès la fin octobre, et afin de soulager son bilan, Arkema avait lancé une émission d’obligations hybrides pour un montant de 700 millions d'euros d'obligations hybrides perpétuelles. Elles avaient été placées avec un coupon annuel de 4,75%. L’opération avait ensuite été complétée fin 2014 par une augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription pour 350 millions d'euros. A fin 2015, les analystes de BoA Merrill Lynch estiment que l’acquisition de Bostik portera le ratio de dette nette sur Ebitda d’Arkema à 1,8 fin 2015 contre une moyenne de 1 pour le secteur de la chimie diversifiée européenne.

L’intégration de Bostik doit permettre à Arkema de se renforcer sur un segment de marché relativement stable, malgré une exposition forte au marché de la construction. Il est qui plus est peu gourmand en capitaux avec des investissements de l’ordre de 3% du chiffre d’affaires soit environ la moitié du ratio d’Arkema. Cette acquisition, la plus importante dans l'histoire de l'ancienne filiale de chimie de Total, intervient au moment où le secteur de la chimie profite de deux éléments macroéconomiques favorables: la chute des prix du pétrole et le repli de l’euro.

Citi rappelle ainsi qu’Arkema réalise 36% de ses revenus aux Etats-Unis. La seule baisse de l’euro pourrait apporter à elle seule 30 à 40 millions d’Ebitda au groupe en 2015.

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