Statoil réduit sa participation dans un gisement de pétrole non conventionnel aux Etats-Unis

le 24/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pétrolier norvégien cède à Southwestern Energy pour 394 millions de dollars une part de 6% du gisement de Marcellus Sud, dans les Appalaches.

La chute des cours de l’or noir, qui vaut désormais moins de 60 dollars le baril aux Etats-Unis (56 dollars hier soir pour le WTI), commence à faire réfléchir les acteurs présents dans les hydrocarbures non conventionnels. D'autant que le ministre saoudien du pétrole Ali al-Naimi exclut une baisse des quotas de l’Opep même avec un baril qui tomberait à 20 dollars.

Le norvégien Statoil, qui a enregistré au troisième trimestre une perte nette de 4,8 milliards de couronnes (529 millions d’euros) suite à des dépréciations d’actifs, a annoncé hier la cession à l’américain Southwestern Energy d’une participation de 6% dans le gisement de Marcellus Sud, situé dans les Appalaches, pour un montant de 394 millions de dollars (323 millions d'euros). La transaction devrait être bouclée au cours du premier trimestre 2015. «Le produit de cession représente environ une couronne par action Statoil, ce qui lui permettra de maintenir son dividende au prochain trimestre, mais guère plus», commente John Olaisen, analyste chez ABG Sundal.

Le pétrolier norvégien contrôlé par l’Etat conservera une part de 23% dans ce gisement non conventionnel dont il n’est pas l’opérateur, contrairement au producteur indépendant américain qui contrôle cet actif racheté à son concurrent Chesapeake Energy à la mi-octobre. Au troisième trimestre, Statoil a tiré 130.500 barils/jour de ses différents permis dans la région de Marcellus, Marcellus Sud représentant une production de 4.000 barils/jour. Il rappelle avoir pris une première participation dans ce secteur en 2008, avant de continuer dans d'autres régions américaines produisant des hydrocarbures non conventionnels, comme Eagle Ford (Texas) en 2010, puis Bakken (Dakota du Nord) en 2011.

Si la production saoudienne a besoin d’un cours de pétrole minimum estimé à 30 dollars le baril pour atteindre son seuil de rentabilité, certains types d’hydrocarbures ne sont plus rentables avec un cours inférieur à 70 dollars. Il s’agit principalement des pétroles de schiste américains, des sables bitumineux au Canada, des champs pétroliers en mer très profonde au large du Brésil et des nouveaux gisements de pétrole de schiste en Russie ou dans l’Arctique.

Selon une récente étude de Goldman Sachs, la baisse des prix du brut pourrait remettre en cause des projets pétroliers pour un montant cumulé atteignant 1.000 milliards de dollars.

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