La bataille pour le Club Med s’accélère

le 02/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Andrea Bonomi a jusqu’au 17 décembre pour surenchérir sur l'offre de 23,50 euros de Fosun.

OPA sur le Club Med : Bonomi a 2 semaines pour surenchérir sur Fosun. Photo DR.

Fosun tient de nouveau la corde pour la reprise du Club Med. A quelques heures de la date butoir, le partenaire chinois du groupe de loisirs a surenchéri une nouvelle fois sur l’offre de Global Resorts (Andrea Bonomi), offrant 23,50 euros par action, soit une prime de 2,2%, juste au-dessus du minimum obligatoire de 2%, sur la proposition concurrente de 23 euros. L’AMF, qui a accéléré le calendrier des enchères au début du mois, a donné à Andrea Bonomi jusqu’au 17 décembre, 18 heures, pour relever son offre.

Le marché veut toujours croire à une poursuite de cette bataille homérique entre le chinois et l’italien, l’action du Club clôturant hier stable à 23,90 euros. Gaillon II détient déjà 18,29% du capital du Club et 24,43% des droits de vote. Andrea Bonomi possède 18,89% du capital et 17,01% des droits de vote.

Fosun ne semble pas prêt à lâcher sa proie. Il a déjà rehaussé de près de 40% son prix depuis l’offre originelle de mai 2013 à 17 euros, relevée à 17,50 euros en juin 2013, puis à 22 euros en septembre 2014 en réponse à la contre-offre de 21 euros d’Andrea Bonomi.

Cette nouvelle offre d’un montant de 897 millions d’euros pour 100% des actions et des Oceanes, conditionnée à l’obtention de plus de 50% des actions et des droits de vote, est toujours structurée de la même manière. Gaillon Invest II – regroupant Fosun (81,3%), Ardian (6,2%), le management du Club (3,1%) et l’agence de voyage chinoise U-Tour (9,4%) – et Fidelidade, l’assureur portugais détenu à 80% par Fosun, lancent l’offre de concert. Dans un second temps, Gaillon Invest II confirme qu’il ouvrira son capital à d’autres partenaires. Le brésilien Docas, dirigé par Nelson Tanure, déjà partenaire du Club, pourrait alors monter jusqu’à 20% du capital de Gaillon Invest II.

En attendant, les niveaux de valorisation du Club Méditerranée sont particulièrement élevés par rapport à ses pairs et à ses perspectives. Vendredi dernier, le groupe de loisirs a annoncé une baisse de 4,8% du résultat opérationnel courant des villages à 53 millions d’euros sur l’exercice clos fin octobre 2014, tandis que le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 1,9%, et s'est même dégradé au quatrième trimestre. Pour la deuxième année consécutive le groupe a enregistré une perte nette de 9 millions d’euros, mais il compte redevenir bénéficiaire dès 2015. La situation reste néanmoins difficile. Si les réservations d’hiver étaient en progression de 2,7% au 22 novembre, elles chutaient de 12,4% sur les huit dernières semaines.

Cette situation ne semble pas inquiéter Fosun qui compte à la fois gagner des parts de marché dans les pays matures et accélérer son développement sur les marchés à croissance rapide, comme la Chine, l’Asie du Sud-Est, la Russie, le Brésil et le reste de l’Amérique du Sud. Le groupe chinois veut aussi «capitaliser sur l’art de vivre à la française dans le domaine de l’hôtellerie, en particulier en Chine et dans les pays à croissance rapide».

Face aux inquiétudes, notamment des salariés du Club, Fosun a encore réaffirmé l’ancrage français du groupe de loisirs, qui conserverait son siège social à Paris, son binôme managérial (Henri Giscard d’Estaing comme PDG et Michel Wolfovski comme directeur financier) et resterait coté sur Euronext Paris.

A lire aussi