Auchan et Système U font cause commune pour acheter à meilleur compte

le 12/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans un secteur très concurrentiel, les distributeurs ont dévoilé un accord de coopération à l’achat destiné à renforcer leur compétitivité

Estimant qu’en l’occurrence l’union fait la force, Auchan et Système U ont levé le voile hier sur un accord de «coopération à l’achat». Respectivement 5e et 6e acteur d’un secteur français de la grande distribution très concurrentiel, marqué selon eux par un «contexte économique difficile de déflation destructrice de valeurs, sans perspective à moyen terme de rebond», les groupes souhaitent entamer leur partenariat dès le mois prochain à l’occasion des négociations tarifaires pour 2015.

Concrètement, Système U donnera mandat à la centrale d’achat d’Auchan, Eurauchan, pour obtenir de meilleures conditions d’achat auprès des fournisseurs. Des acheteurs de Système U pourront tout de même participer aux négociations. Des négociations communes qui porteront sur «l’achat des marques internationales et nationales à l’exception des Produits Frais traditionnels issus des filières agricoles», entendez hors fruits et légumes, fromages à la coupe, boulangerie, pâtisserie, viande et poisson. Les marques propres, représentant un quart des ventes en moyenne pour les deux enseignes, sont également exclues du champ de l’accord, qui devrait ainsi couvrir environ 60% des ventes. Les nouveaux alliés tiennent à souligner que leurs politiques commerciales respectives resteront tout à fait indépendantes.

S’il est encore trop tôt selon un porte-parole d’Auchan pour chiffrer les gains potentiels du nouveau système, Christian Devismes chez CM-CIC Securities estime qu’il pourrait leur permettre d’acheter «entre 0,5 % et 1,0 % moins cher que s'ils négocient séparément avec les industriels ». Quoi qu’il en soit, un autre analyste, soulignant la situation actuellement périlleuse pour Auchan et Système U en termes de parts de marché (11,3% et 10,3% en 2013), clame que les deux groupes n’en seront pas pour autant seuls maîtres à bord et que «nul ne peut imposer le racket des fournisseurs sans contrepartie, sans engagement sur les volumes par exemple».

Pour ce spécialiste du secteur, les efforts à consentir de la part des distributeurs sur les prix au consommateur, sous la forte pression des leaders du marché (Leclerc et Carrefour), devraient en grande partie les empêcher de profiter de leur accord de coopération pour renforcer leurs marges.

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