Deux avertissements en un mois balaient la direction de l’allemand Bilfinger

le 06/08/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Roland Koch a démissionné de la présidence du directoire du groupe de services. Le cours de l'action a plongé de 30% depuis la fin du mois de juin

Roland Koch n’a pas résisté à la tempête. Le président du directoire de Bilfinger a démissionné de ses fonctions, d’un commun accord avec le conseil de surveillance du groupe allemand de services aux industriels. Herbert Bodner, membre du conseil de surveillance, assurera l’interim le temps de trouver un successeur.

La position de Roland Koch n’était plus tenable après le lancement lundi soir d’un nouvel avertissement sur résultats, le second en un peu plus d’un mois, principalement en raison des difficultés de l’activité de services à l’énergie, dont le dirigeant a également démissioné. Depuis le 30 juin, le cours de l’action Bilfinger a plongé de plus de 30%.

Arrivé à la tête de Bilfinger en 2011 après avoir notamment dirigé le Land du Hesse, et alors qu'il fut un temps pressenti pour entrer au gouvernement d’Angela Merkel, Roland Koch était à l’origine du changement de stratégie du groupe de la construction vers les services. Sous sa direction, Bilfinger a acquis une vingtaine de sociétés pour appuyer ce virage stratégique et accentuer la présence à l’international du groupe allemand. «J’espère que mon départ permettra un retour à la normale», a déclaré Roland Koch dans un communiqué, reconnaissant sa responsabilité dans les deux avertissements sur résultats et dans la perte de confiance du marché. Le redressement s'annonce long.

«Ce second avertissement et le changement de direction soulèvent des questions sur la visibilité de la société sur son activité de services à l’énergie. Le précédent plan de redressement à l’horizon 2016 paraît compromis», craignent les analystes de BofA Merrill Lynch, qui n’excluent pas que le groupe arbitre dans son portefeuille d’actifs prochainement. Bilfinger misait notamment sur la croissance de son activité dans l’énergie en Afrique du Sud pour compenser le déclin du marché allemand. Mais la dérive opérationnelle d’un important projet de centrale sud-africaine va entraîner d’importantes pertes.

Fin juin, lors de son premier avertissement, Bilfinger avait annoncé un plan d’économies de 90 millions d’euros par an, passant notamment par la suppression de 1.250 postes. La direction intérimaire du groupe devrait faire le point sur ce plan lundi 11 août lors de la publication des résultats semestriels.

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