Daher et SCBSM illustrent deux stratégies sur le marché du placement privé

le 24/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le placement obligataire de 23 millions d'euros que vient de réaliser la foncière cotée diffère à bien des égards de celui de l'équipementier

Daher, Direct Energie, SCBSM… Avant la trêve estivale, le marché français du placement privé vient de voir se conclure quelques transactions ces derniers jours. Des opérations qui témoignent de stratégies différentes de la part des émetteurs quant à la place qu’ils entendent réserver à ce produit dans leur financement.

«On voit se dessiner deux types d’approches, souligne un banquier. Soit le placement privé a une importance marginale dans le financement, et l’émetteur trouve un intermédiaire qui va placer le papier auprès d’un ou deux investisseurs, notamment des fonds de crédit. Soit l’entreprise fait le constat que pour financer sa croissance future, elle doit élargir sa base de financement au-delà de son pool de banques traditionnelles. Elle va alors chercher au moins une demi-douzaine de nouveaux investisseurs qui vont apprendre à la connaître».

Pour les observateurs, le placement privé obligataire de 30 millions d’euros annoncé par Daher le 9 juillet relève plutôt de la première catégorie. Les montants levés l’ont été auprès du fonds Novo 2 de prêts à l’économie, et sont à relativiser: dans le même temps, l’équipementier pour l’aéronautique et le nucléaire a annoncé la renégociation de 25% à la hausse de son enveloppe de crédits bancaires syndiqués, pour un total de 150 millions d’euros.

SCBSM, qui pointe autour du 20e rang des foncières en France, s’inscrit, elle, dans le second groupe. La société a mis en place au deuxième semestre 2013 pour 102 millions de financements (soit 53% de l’encours total). Cette dette bancaire est très largement gagée par les biens immobiliers du groupe ou des délégations de loyer. Pour refinancer une dette obligataire, des projets d’amélioration de son patrimoine et des acquisitions, la foncière cotée cherchait de nouveaux bailleurs de fonds, à hauteur de 30 à 40 millions d’euros.

Elle a finalement bouclé le 16 juillet un placement obligataire à 5 ans de 23 millions, à 5,25% l’an, qui lui a permis de racheter ses obligations décembre 2016 de coupon 8%. Dirigée par la Cie Financière Jacques Cœur et Invest Securities, la transaction a été placée auprès d’une dizaine d’investisseurs: institutions de prévoyance, assureurs, sociétés de gestion, pour des tickets très variables… L’émission d’une deuxième tranche d’une quinzaine de millions, auprès de certains de ces investisseurs ou de nouveaux comptes, est prévue à la rentrée.

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