RWE publie une perte historique sous le poids d'importantes dépréciations

le 04/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le numéro deux allemand de l'énergie rencontre de graves difficultés dans ses activités de génération fossile d'électricité

Du jamais vu depuis plus de 25 ans. D'après le Handelsblatt, RWE publie ce matin une perte nette annuelle de 3 milliards d'euros, trois fois supérieure au consensus établi par Bloomberg. Le groupe énergétique allemand a décidé de faire le grand ménage dans ses comptes, comptabilisant au total 4,7 milliards d'euros de dépréciations au titre de 2013. RWE avait fait état fin janvier de 3,3 milliards d'euros de dépréciations supplémentaires, dont 2,9 milliards attribuables aux activités de génération fossile d'électricité.

Une faible demande, combinée à la préférence de l'Allemagne pour l'énergie solaire et éolienne, qui représente désormais 23% de la production totale, ont tiré les prix vers le bas. «A travers toute l'Europe, les centrales au gaz et au charbon en particulier subissent une pression économique importante», déclarait début février Peter Terium, président du directoire du numéro deux allemand de l'énergie.

A compter du 1er juillet, la centrale à gaz Claus C, située à Maastricht (Pays-Bas) et ouverte en 2012, sera mise en sommeil, «un nombre d'heures de fonctionnement réduit plus un prix de gros extrêmement bas ayant rendu l'activité sur ce site déficitaire». «Cette dernière décision souligne qu'aucune électricité ne sera produite sur place tant que le contexte politique et économique en Europe continentale ne l'aura pas rendu viable», soulignait le groupe d'Essen.

«En comptabilisant ces dépréciations, nous prenons en compte les changements fondamentaux des conditions d'exercice sur le marché européen de la production d'énergie», ajoutait le groupe. Pour contrer cette évolution, RWE et son concurrent E.On ferment des usines, réduisent les dividendes et cèdent des actifs. Chez RWE, le comité exécutif a promis de renoncer à 500.000 euros de rémunération, prenant acte d'une «situation très difficile», tandis que près de 7.000 postes doivent être supprimés d'ici à 2016 (dont une majeure partie en Allemagne).

Si les dépréciations affectent le résultat net, elles ne pèsent pas en revanche sur le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (Ebitda), le résultat opérationnel et le résultat net récurrent, un indicateur utilisé par RWE pour le calcul du dividende. Le groupe organise une conférence de presse à 10 heures et une réunion avec les analystes et les investisseurs à 15 heures.

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