Vinci confirme son virage des parkings vers l'aéroportuaire

le 13/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La vente de 75% de Vinci Park à Ardian et Predica valorise la société à 1,96 milliard d'euros. Celle-ci pourrait racheter d'autres acteurs en Europe

Ardian et Predica ont été les mieux-disants. Conseillé par Barclays et BNP Paribas, Vinci est entré hier en négociations exclusives avec l'ex Axa PE et la filiale d’assurance vie du Crédit Agricole pour leur vendre ses parcs de stationnement. Le prix proposé, à 1,96 milliard d’euros dette comprise, valorise Vinci Park à près de 10 fois son Ebitda et est en ligne avec les estimations par la somme des parties des analystes actions, tels qu’Aurel BGC (1,9 milliard).

«Nous estimons que le deal est satisfaisant pour Vinci qui sort d’une activité très mature et de plus en plus consommatrice de capitaux pour se replacer dans l’aéroportuaire», notaient hier matin les analystes de CM-CIC Securities. En 2013, le groupe a en effet signé le rachat de l’opérateur aéroportuaire Ana pour 3 milliards d’euros, et a investi 365 millions d’euros pour monter au capital d’ADP en faisant équipe avec… Predica.

L’activité de parkings, majoritairement française, nécessite pour son développement international de lourds investissements que sa maison mère n’était plus prête à consentir. Vinci conservera tout de même 25% de sa filiale, qui emploie plusieurs milliers de personnes en France. Ardian et Predica prennent 37,5% chacun.

«Vinci Park a des relais de croissance à l’international sur des marchés moins matures comme l’Amérique du Nord et les pays émergents, et par consolidation d’autres acteurs en Europe», souligne Mathias Burghardt, responsable de l’activité infrastructure d’Ardian, qui investit par le biais de son troisième fonds infrastructure de 1,8 milliard d’euros levé en 2013.

Le tandem Ardian-Predica, conseillé par Nomura et CA CIB, a devancé un autre fonds infrastructure, Meridiam, qui s’était notamment associé à CNP. De purs fonds de private equity – Charterhouse, KKR et PAI Partners – se seraient aussi manifestés, mais avec des objectifs de rentabilité et un horizon d’investissement plus court qui rendaient leurs propositions moins compétitives.

L’offre serait financée par un club deal d’une petite dizaine de banques, dont CA CIB, avec deux tranches à 3 et 5 ans d'environ 900 millions d’euros. «La dette a été structurée afin de donner à la société des marges de manœuvre importantes pour investir», indique Mathias Burghardt. Vinci Park a notamment vocation à être noté en catégorie investisseur - S&P lui aurait attribué un BBB - et à émettre sur le marché obligataire.

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