La surenchère politique fait monter le risque sur le secteur britannique de l'énergie

le 11/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le secrétaire d'Etat à l'Energie a demandé l'ouverture d'une enquête sur les marges des opérateurs, dont Centrica. Et brandit la menace d'une scission

A l’approche des élections législatives au Royaume-Uni, les enchères montent autour du secteur de l’énergie, accusé par les différents partis d’avoir amputé le pouvoir d’achat du consommateur ces dernières années. Actuellement en tête dans les sondages, le parti travailliste d’Ed Miliband promet s’il est élu l’an prochain de geler les prix de l'énergie pendant vingt mois.

Ed Davey, l’actuel secrétaire d'Etat à l'Energie du gouvernement conservateur de David Cameron, lui a répondu. Si les prix du gaz continuent d’augmenter, il menace de demander la scission des sociétés dont le monopole pourrait nuire au consommateur. Une façon de viser Centrica, le groupe issu de l’ancien monopole British Gas. Centrica détient 43% du marché du gaz outre-Manche.

«Il est clair que British Gas, la société avec la plus grande part du marché de l'alimentation domestique en gaz, a eu tendance à facturer des prix parmi les plus élevés au cours des trois dernières années tout en ayant été, en moyenne, la plus rentable», a écrit Ed Davey dans un courrier adressé dimanche à l'Ofgem, le régulateur britannique de l’énergie. Une enquête a été officiellement ouverte et l’Ofgem devrait communiquer ses conclusions fin mars.

Le débat autour des marges de British Gaz ou de SSE, son principal concurrent sur le marché du gaz outre-Manche, n’est pas nouveau mais il renforce le risque politique qui entoure le secteur. Hier, le cours de l’action Centrica a chuté de plus de 3,7% en séance, touchant ses plus bas niveaux depuis juin 2012. Il a déjà perdu 11% depuis le début de l’année.

Il y quelques semaines, les analystes de Deutsche Bank avaient fortement réduit leur prévision de marge bénéficiaire pour la division grand public de Centrica. Au cours des quatre dernières années, le groupe a dégagé un taux moyen de 7,5%. Elle pourrait tomber à 3% en cas d’intervention politique, deux fois moins que l’objectif annoncé par le groupe. Deutsche Bank calcule que toute baisse de 1% du taux de marge réduit de 7% à 8% le bénéfice par action de Centrica.

La direction de British Gas a répliqué en assurant que le marché britannique du gaz est l’un des plus concurrentiels d’Europe, avec pas moins de cinq grands distributeurs. Et elle assure qu’un niveau de marge de 5% est nécessaire pour couvrir ses besoins d’investissements dans le réseau.

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