GTT affiche ses cash-flows pour se valoriser en Bourse

le 03/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon les notes consultées par L'Agefi, les analystes des banques en charge du placement valorisent la société autour de 1,8 milliard d'euros

Initiée mi-décembre 2013, l’introduction à la Bourse de Paris de GTT franchit une nouvelle étape. Deutsche Bank, Morgan Stanley et Natixis, les banques en charge de l’opération, commencent ce matin à présenter aux investisseurs leur modèle de valorisation de la filiale de GDF Suez (40%), de Total (30%) et du fonds Hellman & Friedman (30%), afin de déterminer une fourchette de prix. Total et H&F profiteront de la mise en Bourse pour vendre une partie de leur bloc. GDF Suez ne vendra aucune action et GTT ne lèvera pas d'argent.

Numéro un mondial des technologies de confinement du gaz naturel liquéfié (GNL) pour son transport par méthanier, GTT présente un «modèle économique différent de la plupart des sociétés avec lesquelles nous sommes familiers», avouent les analystes de Morgan Stanley dans leur note consultée par L’Agefi. La méthode des comparables boursiers «n’est pas aisée», appuie Natixis, «car aucune société du secteur ne combine des marges aussi élevées et un bilan aussi léger». En l’appliquant, la banque aboutit à une valorisation haute de 2,28 milliards d’euros.

La méthode d’actualisation des cash-flows et des dividendes paraît plus pertinente. GTT vend aux chantiers navals des licences d’utilisation de sa technologie. Ce modèle économe en capitaux et peu risqué, qui «se rapproche de celui de sociétés comme ARM Holding dans la conception de semi-conducteurs» selon Natixis, génère d’importants cash-flows. Morgan Stanley prévoit 539 millions d’euros de free cash-flows entre 2014 et 2017, soit 93% de l’Ebitda, et 517 millions d’euros de dividendes cumulés. Morgan Stanley rappelle qu’en 2008 la cession de 30% du capital de GTT par Saipem à H&F pour 308 millions d’euros faisait ressortir un rendement du free cash-flow pour l’année suivante de 7%. Soit une valorisation de l’ordre de 1,8 milliard pour GTT aujourd’hui. Natixis aboutit à 1,69 milliard avec cette méthode.

Cette valorisation dépend du rythme de croissance à l'infini. Compte tenu des perspectives du marché du GNL, soutenu par la demande en Asie (Japon et Chine), Natixis la fixe à 2,5%, ce «qui est relativement conservateur au regard de la croissance de 6,9% de la demande de GNL entre 2003 et 2013 et de la prévision de 5,7% pour 2013-2025 du cabinet Wood Mackenzie». Selon Morgan Stanley, le marché global du GNL va quasiment doubler d’ici à 2025, ce qui nécessitera 200 à 300 nouveaux méthaniers.

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