Les «utilities» en Europe plébiscitent les instruments hybrides pour optimiser leur dette

le 13/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors qu’Enel vient d’émettre avec succès 1,6 milliard d’euros, EDF pourrait accroître la taille de son programme d’émissions hybrides

Les «utilities» européennes poursuivent la diversification de leur profil de dette en capitalisant sur l’appétit des investisseurs institutionnels pour les instruments hybrides. Enel a ainsi émis la semaine dernière l’équivalent de 1,6 milliard d’euros d’obligations subordonnées hybrides afin de consolider sa structure financière. La première tranche d’un milliard d’euros, d’une maturité de 61 ans, est remboursable à partir du 15 janvier 2020, tandis que la seconde tranche de 500 millions de livres sterling pourra être rachetée par anticipation à partir du 15 septembre 2021.

Jusqu’à cette échéance, la souche en euros offrira un coupon fixe de 5% et celle en sterling un taux d’intérêt annuel de 6,625%. Outre des niveaux de rémunération inférieurs aux fourchettes indicatives, une sursouscription de plus de 6 fois pour la tranche en euros et d’environ 9 fois pour la part en sterling confirme la réussite de ce placement. Sur un objectif fixé à 5 milliards d’euros d’ici à 2015, «cette émission porte à l’équivalent de 4,2 milliards d’euros le montant des instruments hybrides émis par l’électricien italien depuis septembre 2013», relèvent les analystes crédit de Natixis.

Le succès de cette opération pourrait conduire EDF à accélérer son projet d’un nouveau refinancement. L’énergéticien français chercherait à émettre prochainement 3 souches obligataires classiques en dollars à 3 ans, 5 ans et 30 ans ainsi qu’une souche hybride en dollars remboursable à partir de 2024, selon Bloomberg. Le montant de la tranche hybride serait inférieur aux 6,2 milliards d’euros émis par ce biais sur l’ensemble de 2013, précisent les analystes CreditSights. Mais ils soulignent que le groupe «pourrait désormais viser un programme global d’émissions hybrides d’au moins 12 milliards d’euros», contre un total de 10 milliards auparavant ciblé.

Ces 12 milliards correspondraient au montant des actifs du groupe qui ne génèrent actuellement aucun cash flow positif et pour lesquels EDF «juge qu’un financement hybride est particulièrement approprié», poursuit CreditSights. Le bureau d’analyse a calculé qu’à fin 2013, environ 60 milliards d’euros de titres hybrides avaient été émis par des sociétés non financières et que les «utilities» de la zone euro représentaient environ 45% de ce marché, EDF pesant à lui seul 10% du total.

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