Le marché auto espère enfin se stabiliser en 2014

le 03/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rebond observé en décembre a permis de limiter la baisse à 5,7% l’an dernier en France

Illustration: Audrey Millet

Point bas. Après quatre années consécutives de recul, à un plus bas de vingt ans l'an dernier, le marché automobile français pourrait bien retrouver l’équilibre en 2014. En décembre 2013, le volume d’immatriculations de véhicules particuliers neufs a bondi de 9,4% selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Une progression ramenée à 4,2% à nombre de jours ouvrables comparables (21 en décembre 2013 contre 20 en 2012). La prudence reste toutefois de mise faute de réel catalyseur de reprise.

Le rebond de décembre permet d'atténuer le recul du marché sur l’ensemble de l’exercice 2013 à 5,7% (5,0% à nombre de jours ouvrables comparables, 251 contre 253), à près de 1,8 million d’unités, 1.790.473 précisément selon le CCFA. Ce dernier précise que le volume de véhicules diesel écoulés a fondu de 13,3% en 2013, pour représenter tout de même les deux tiers du marché hexagonal.

Avec 6 véhicules dans le top 10 des ventes en 2013, Renault s’est félicité d’avoir «renforcé son leadership ». Avec des immatriculations en hausse de 37,9% en décembre et de 0,8% sur l’ensemble de l’année passée, le constructeur tire certes son épingle du jeu.

La marque Dacia, contribuant à hauteur de 21% des ventes du groupe en volumes pour 2013, affiche même une progression de 11,2% sur douze mois. Ce dynamisme reflète l’attrait grandissant des modèles économiques, qui, associé au succès des lancements récents, ont permis aux constructeurs français de gagner des parts de marché sur leurs concurrents étrangers, comme le souligne Jean-François Belorgey, responsable du secteur automobile pour la France chez EY. Selon lui, «des signes montrent que le segment premium commence à souffrir». Malgré des ventes en hausse de 10,6% en décembre, PSA Peugeot Citroën reste en retrait sur 2013, avec un repli de 7,7% (-5,2% pour Peugeot, -10,6% côté Citroën).

Dans l’ensemble, la part de marché des groupes français avance ainsi de 0,8 point sur 2013 à 53,4% (+1,5 point pour Renault à 23,9%, -0,6 pour PSA à 29,5%). A la suite de champions hexagonaux qui ont «permis de remonter la pente très déclinante (du marché)», selon François Roudier, porte-parole du CCFA, Volkswagen concède un repli de 8,1% de ses immatriculations (atténué par un bond de 9,9% en décembre) et 0,3 point du marché à 13,5%.

Pour l’exercice en cours, un consensus semble se dégager pour un retour à la stabilité dans le sillage d’une contraction cumulée de quelque 22% en quatre ans. Directeur commercial France de Renault, Bernard Cambier affiche sa confiance, misant pour 2014 sur une poursuite de la progression des ventes du groupe au sein d’un marché à l’équilibre. «On est encore dans un marché très bas, et on pense qu'en 2014 le marché devrait être stable à un niveau bas», a de son côté avancé le porte-parole du CCFA, selon lequel «on y verra plus clair à la fin du premier trimestre».

Aux yeux de Jean-François Belorgey, qui table sur une croissance nulle à «très modeste», les signes de «fin de dégringolade» ne peuvent laisser espérer une «reprise significative». «Les fondamentaux ne sont pas présents pour un redémarrage du marché», relève ce spécialiste du secteur, qui met en exergue une situation économique difficile passant par des taux de chômage et d’endettement élevés. D’autant que l’année 2014 devrait être avare de «feux d’artifice» en termes de lancements de nouveaux modèles susceptibles de dynamiser le marché.

Le marché automobile français pourrait bien retrouver l’équilibre en 2014. Illustration L'Agefi.
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Le marché automobile français pourrait bien retrouver l’équilibre en 2014. Illustration L'Agefi.

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