Colonial conserverait le contrôle de Société Foncière Lyonnaise

le 03/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe immobilier espagnol lance une augmentation de capital de 1 milliard d’euros, et céderait au maximum 20% du capital de la foncière française

Colonial lance sa recapitalisation. Le groupe immobilier espagnol vient d’annoncer une augmentation de capital en numéraire d’un maximum de 1 milliard d’euros pour permettre le refinancement de sa dette et ainsi «garantir sa viabilité future». Cette opération sera proposée aux votes des actionnaires lors de l’assemblée générale du 21 janvier prochain.

La société, conseillée par GBS Finanzas et Morgan Stanley, a déjà reçu des offres contraignantes d’investisseurs pour 500 millions d’euros. Le groupe industriel espagnol Villa Mir a promis de souscrire à hauteur de 300 millions, tandis que la société d’investissement colombienne Santo Domingo et Amura Capital, filiale de la banque d’Andorre Mora Banc, se sont engagées chacune à apporter 100 millions d’euros. Une bonne nouvelle alors qu’en juin dernier les négociations pour une entrée au capital de Villa Mir via une augmentation de capital avaient échoué.

Ces investisseurs ont néanmoins conditionné leur apport à plusieurs mesures. Notamment, le prix d’émission de l’augmentation de capital devra être au maximum de 50 centimes d’euro par action, Colonial devra déconsolider sa filiale de promotion immobilière Asentia qui pèse lourdement sur ses comptes, et surtout ne pas vendre plus de 20% du capital de Société Foncière Lyonnaise (SFL) afin d’en conserver le contrôle. Colonial détient 53% de la foncière française, valorisée actuellement près de 1,8 milliard d’euros. La cession de 20% du capital apporterait ainsi à Colonial 350 millions d’euros. D’autant que les actifs français et espagnol de Colonial ont eu un comportement «très défensif dans des circonstances économiques défavorables», selon le groupe espagnol.

Jusqu’alors, parmi les options stratégiques évoquées par Colonial figuraient la cession d’actifs – dont la vente partielle ou totale de sa participation dans Société Foncière Lyonnaise – ou une augmentation de capital. Depuis un an, Colonial a engagé des discussions avec ses créanciers en vue de la restructuration du crédit syndiqué de près de 1,8 milliard d’euros, arrivant à échéance fin décembre 2014. Une négociation qui s’inscrit dans le cadre de la recapitalisation du groupe immobilier espagnol. Fin septembre, Colonial affichait une dette de 3,5 milliards d’euros, dont plus de 2 milliards en Espagne, pour un coût financier de 3,48% et une maturité moyenne de 3,2 années.

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