BlackBerry se vend à son principal actionnaire pour 4,7 milliards de dollars

le 24/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’assureur Fairfax estime être en mesure de conduire une stratégie de long terme, en retirant de la cote le fabricant de smartphones

BlackBerry racheté par le canadien Fairfax pour 4,7 milliards de dollars.

La réorganisation des fabricants de terminaux mobiles avance à marche forcée. Après Nokia qui a décidé au début du mois de céder ses téléphones à son partenaire Microsoft, BlackBerry vient de conclure un accord de principe pour se vendre à un consortium emmené par l’assureur Fairfax Financial Holding, son principal actionnaire avec 10% du capital, basé à Toronto. Le conseil d'administration de BlackBerry, conseillé par JPMorgan Chase et Perella Weinberg, «a approuvé les termes de la lettre d'entente selon lesquels le consortium, qui cherche un financement auprès de Bank of America Merril Lynch et BMO Capital Markets, va acquérir BlackBerry et cesser sa cotation».

Le montant de la transaction s’élève à 4,7 milliards de dollars, soit 9 dollars par action versés en numéraire. Ceci correspond à une maigre prime de 3,1% par rapport au cours de clôture du titre en fin de semaine dernière. Après cette annonce hier soir, l'action BlackBerry est montée à 9,20 dollars sur le Nasdaq, après une suspension de cotation, pour revenir ensuite autour de 8,80 dollars.

«Nous pouvons apporter de la valeur aux actionnaires immédiatement, tout en poursuivant l'exécution d'une stratégie de long terme au sein d'une société non cotée, recentrée sur la fourniture aux clients de BlackBerry du monde entier de solutions supérieures et sûres destinées aux entreprises», a déclaré Prem Watsa, patron de Fairfax. Celui-ci avait démissionné le mois dernier du conseil d’administration de BlackBerry pour éviter tout conflit d’intérêts avec le groupe canadien en quête d’un repreneur.

Alors que l’offre doit encore être approuvée par l'ensemble des actionnaires, BlackBerry a jusqu'au 4 novembre pour rechercher une proposition supérieure, ce qui correspond également à la date-limite fixée pour le processus de consultation des comptes («due diligence»). Le fabricant canadien a accepté le versement éventuel d’une indemnité de rupture de 30 cents par action, soit environ 157 millions de dollars. Le montant de cette indemnité sera porté à 262 millions si la rupture a lieu après la signature de l’accord définitif.

«C'est une société qui doit sortir de la Bourse si elle veut avoir la moindre chance», commente Colin Gillis, analyste de BGC Partners, en ajoutant qu’elle pourra ainsi «se restructurer à l'abri des regards, penser au long terme et stabiliser ses finances».

A lire aussi