Le climat économique pétrifie le marché des M&A dans les mines et les métaux

le 20/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Hors la fusion Glencore-Xstrata, le volume des transactions a fondu de 26% au premier semestre et leur nombre de 30%, selon EY

Les spécialistes des matières premières rêvent à un nouvel âge d’or. Pour l’heure, l’environnement macroéconomique met surtout en lumière des surcapacités et des prix des commodities en baisse, invitant les directions générales à la plus grande prudence. Elles concentrent ainsi leurs efforts sur la chasse aux coûts et l’amélioration des marges, délaissant nombre d'opérations de fusions-acquisitions à risque, comme l'ont prouvé les dépréciations de survaleur passées depuis deux ans dans le secteur. EY (ex-Ernst & Young) souligne ainsi que le marché mondial des M&A dans le secteur des mines et des métaux fait pâle figure.

Le nombre d’opérations finalisées au premier semestre a plongé de 30%, à 350. Et la hausse de 41% du volume total, à 78,6 milliards de dollars, trouve sa source dans le rapprochement entre Glencore et Xstrata. Hors cette transaction de 37 milliards, le volume des M&A chute de 26%. De quoi laisser craindre pour 2013 un troisième exercice consécutif de recul. L’attentisme est également visible sur le front des entrées en Bourse, avec sur la période 12 IPO (-69%) permettant de lever 459 millions de dollars (-35%), des niveaux inédits selon l’étude. La baisse de 4 points à 48% du volume des M&A transfrontalières (sous l’impulsion d’une consolidation domestique aux Etats-Unis et au Canada) constitue selon EY un signe supplémentaire de fébrilité.

Dans ce contexte où «les investisseurs ont perdu confiance» dans un secteur «sensible aux actualités économiques de court terme», selon EY, les prédateurs restent tout de même à l’affût sur le marché de l’or. Le montant des M&A y ayant progressé au premier semestre de 18% à 8,6 milliards. Ce segment s’est révélé le plus dynamique, tant en volume, devant celui du pétrole et du gaz, qu’en nombre d’opérations (un tiers du total, soit 124 transactions, un chiffre pourtant en baisse de 23%).

Au-delà, divers facteurs soutiennent l’activité de M&A, comme la quête d’actifs stratégiques de la part de sociétés publiques asiatiques ou les rapprochements entre petits acteurs qui «luttent pour survivre à des conditions de marché difficiles» et visent une taille critique pour financer de coûteux projets. L’étude souligne par ailleurs le rôle grandissant des «investisseurs non traditionnels», autrement dit financiers, qui voient dans le secteur un outil de diversification de leur portefeuille ou de génération «de gains en capitaux potentiellement significatifs».

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