Les petits actionnaires de Theolia portent plainte au pénal

le 04/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ils contestent à la fois les conditions de l’OPA de Macquarie, celles de l’acquisition de Breeze, et le «management package» du directeur général

La fronde des actionnaires minoritaires de Theolia ne faiblit pas. Des centaines de petits porteurs, détenant collectivement plus de 3,3 millions d’actions, soit près de 5% du capital, se sont réunis au sein de l’Association de défense des actionnaires minoritaires de Theolia (Adamt). Constituée trop tard pour faire appel de la décision de conformité de l’AMF du projet d’OPA de Macquarie sur Theolia, l’Adamt, via un de ses membres, a déposé lundi une plainte pénale contre X auprès du procureur de la République de Paris (pôle financier) pour «abus de biens sociaux, diffusion d’informations fausses ou trompeuses, manipulation de cours, faux et usage de faux».

L’OPA est ouverte depuis le 26 juillet et sera clôturée vendredi soir, mais l’Adamt la conteste vigoureusement. Alors que l’action Theolia s’est effondrée de 94% en cinq ans, le management, de concert avec l’initiateur de l’offre, s’apprête à retirer de la cote la société à «un prix au rabais de 1,70 euro par action, alors que l’entreprise est valorisée en actif net à 2,56 euros par action», fustige l’Adamt.

De plus, «alors que l’offre était connue du management de nombreuses semaines, voire de nombreux mois avant son annonce officielle le 8 juillet, le groupe a diffusé au marché des mauvaises nouvelles qui ont fait plonger son cours de Bourse de 1,52 euro mi-avril à 1,12 euro à la veille de l’offre. Ceci a permis à Macquarie de lancer une offre présentant une surcote artificielle de 50% par rapport au dernier cours coté», explique Julien Visconti, avocat de l’Adamt. Ce dernier considère également que le management package du directeur général de Theolia «pose problème. Non seulement il est particulièrement généreux, mais encore attribué par la société elle-même à la veille de l’OPA, dans la plus grande opacité».

En outre, le peu de transparence sur les conditions de l’acquisition de Breeze début 2013, déjà invoqué par Yves Jacquin Depeyre en avril dernier, fait partie de la plainte déposée par l’Adamt. Theolia a présenté cette opération comme de la croissance externe, alors que «les actifs achetés étaient en réalité des obligations subordonnées d’un débiteur en défaut de paiement, acquises auprès d’un fonds dépendant d’un de ses actionnaires», précise Julien Visconti.

Le dossier est désormais dans les mains du procureur qui pourrait décider l’ouverture d’une enquête et la nomination d’un juge d’instruction.

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