Les groupes aurifères subissent de plein fouet la chute du prix de l'or

le 10/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Newcrest, premier producteur australien d'or, va passer entre 5 à 6 milliards de dollars de dépréciations, les deux tiers de sa capitalisation

Les groupes miniers accumulent les désillusions. Après l’euphorie sur les cours ayant entraîné nombre d’acteurs dans la folie des grandeurs (en termes de projets industriels et/ou de croissance externe), la volatilité actuelle appelle à d'importantes corrections.

L’or n’échappe pas à la règle, perdant un quart de sa valeur depuis un plus haut atteint en septembre 2011. Dernière victime en date, le plus important producteur australien du métal, Newcrest Mining. Vendredi, le groupe a fait part des conclusions de sa revue stratégique, soulignant qu’il faisait face à la plus importante glissade des prix de l’or depuis trente ans et à des coûts opérationnels en hausse.

Newcrest a en premier lieu annoncé des dépréciations d’actifs de 5 à 6 milliards de dollars australiens (jusqu’à 4,3 milliards d’euros) au 30 juin prochain, date de clôture de l’exercice. Un montant, issu d’actifs en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Côte d’Ivoire ou en Australie, qui représente jusqu’à deux tiers de la capitalisation boursière de 9,5 milliards et 25% de la valeur comptable des actifs fin 2012. Le budget d’investissements pour l’exercice à venir a été réduit de 1,5 à 1 milliard, et les coûts de structures seront réduits de 20%, passant par la fermeture des bureaux de Brisbane employant une centaine de salariés. Dans ce contexte, le groupe renonce au versement semestriel d’un dividende.

Autant de décisions «pénibles» mais nécessaires, selon le directeur général Greg Robinson, le président Don Mercer clamant que ces annonces permettent «d’assurer une optimisation du cash flow si les prix devaient rester à ces niveaux ou baisser encore tout en préservant toutes les options si les conditions devaient s’améliorer».

Un discours qui n’a pas convaincu. A 12,35 dollars en clôture vendredi, le titre Newcrest a abandonné 8% sur la séance, 15% sur la semaine et près des trois quarts de sa valeur depuis un plus haut en novembre 2010. La baisse précédant l’annonce officielle de la batterie de mesures, dans le sillage de la dégradation des recommandations de plusieurs analystes, fait d’ailleurs l’objet d’une enquête de routine de la part du gendarme australien des marchés.

L’unique argument concret déployé par le groupe pour garder espoir concerne la production. Le groupe a confirmé tant son objectif de 2 à 2,3 millions d’onces pour l’exercice à venir, en hausse de 4%, que celui d’une croissance annuelle à moyen terme de 5 à 10%.

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