Les minoritaires d’Oeneo se rebiffent contre l’OPA de Remy Cointreau

le 30/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'expert indépendant juge le prix équitable. Les actionnaires ne sont pas convaincus et n'hésitent pas à acheter des actions au-dessus de l'offre

Les candidats aux retraits de la cote sont prévenus. Les actionnaires minoritaires ne sont pas prêts à accepter n’importe quelle offre de rachat. Outre l’OPA sur le Club Med, dont le cours cotait hier 3,4% au-dessus du prix de 17 euros proposé par Axa PE et Fosun, l’opération initiée sur Oeneo par Andromède, la holding de la famille Hériard Dubreuil, l'actionnaire de Remy Cointreau, ne va pas rencontrer le succès escompté.

Hier soir, le titre du fabricant de bouchons en liège et de tonneaux valait 3,27 euros, 7 centimes de plus que le prix de l’offre. L’action a toujours surcoté depuis l’annonce de l’opération mi-avril, signe que les conditions de l’offre, sur les actions et les obligations remboursables en actions (ORA), sont loin de satisfaire les minoritaires.

Le fonds Lombard Odier s’est même renforcé ces dernières semaines, après l'annonce de l'offre. Il a acquis un peu plus de 1,1 million d’actions, à un prix moyen de 3,25 euros, soit 2% du capital total d’Oneo. Il en détient maintenant près de 4%. Et le fonds n’a pas «l’intention, pour le moment et dans les conditions actuelles, d’apporter les titres acquis à l’offre», a-t-il affirmé auprès de l’Autorité des marchés financiers. D’autres fonds sont sur la même ligne de conduite. Derrière Andromède (37,92%, mais 42% après la conversion des Ora), les principaux actionnaires sont Amiral Gestion (7,35%) et Amplegest (5,10%).

Comme dans le cas du Club Med, le prix de l’offre sur Oeneo est proche de l’objectif de cours des analystes financiers suivant la valeur. Or, dans les deux cas, ces objectifs ne tenaient pas nécessairement compte d’une perspective de changement de contrôle de la société, et n’intègrent donc pas de prime spécifique.

Pour justifier le caractère malgré tout «équitable» du prix, Accuracy, l’expert indépendant mandaté pour examiner l’offre d’Andromède sur Oeneo, souligne que le «contexte de l’offre a notamment mis en évidence la faible probabilité d’une cession ultérieure du contrôle et le montant a priori limité de la prime de contrôle susceptible d’être payée à cette occasion». Pourtant, le projet de la famille Hériard Dubreuil est bien de prendre le plein contrôle de la société, voire de la retirer de la Bourse si elle venait à détenir 95% du capital à l'issue de l'OPA.

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