Michelin tente de contrer la faiblesse de l'activité de ses usines françaises

le 26/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe n'exclut pas des mesures d'économies. Il a conclu, comme Renault, un accord de flexibilité avec ses syndicats en France

Après Renault, Michelin a signé hier avec deux de ses syndicats, CFDT et CFE-CGC, un accord cadre dit de compétitivité destiné à contrer les conséquences de l’activité ralentie de ses usines en France. Il prévoit que les salariés puissent ne pas travailler pendant 15 jours ouvrés, tout en étant payés à 100%, en cas de baisse d'activité. En échange, lors des périodes de redémarrage de l’activité, le salarié devra «rendre» ces journées à hauteur de 75% dans les quatre années suivantes. Pour quatre jours non travaillés et payés, le salarié devra ainsi «rembourser» trois jours à Michelin. Pour être appliqué, l’accord doit être approuvé dans les usines concernées.

Florent Menegaux, directeur général de la division pneus tourisme de Michelin et membre du comité exécutif du groupe, a indiqué hier aux Echos que les usines européennes de pneumatiques pour les véhicules de tourisme ne tournent actuellement qu’à 75% de leur capacité. Pour les pneumatiques destinés aux poids lourds, le taux d’utilisation n’est que de 60%. Le dirigeant n’exclut pas la mise en œuvre de mesures d'économies en Europe, sans les chiffrer. «Nous devons réfléchir à l'évolution du marché, voir si la situation est durable ou non», explique Florent Menegaux, selon lequel la situation est pire qu’en 2008-2009, car beaucoup plus longue et profonde.

Depuis le début de l’année, les ventes de pneumatiques en Europe pour les véhicules de tourisme en première monte ont chuté de 11%. Sur le marché du remplacement, la chute atteint 8%. Rien qu’en février, la baisse s’élève à 13%. La situation est positive dans les camions, avec des hausses de 1% depuis le début de l’année en première monte et de 7% pour les pneumatiques de remplacement. Mais 2012 était une année faible et constitue une base de référence peu significative.

Malgré ce contexte, Fitch a relevé hier d'un cran, de BBB à BBB+, la note à long terme de Michelin, afin de «refléter la solidité du profil du groupe ainsi que sa rentabilité relativement stable et son niveau de liquidités disponibles, notamment en période de récession économique et durant la crise du secteur automobile de 2008-2009». Profitant de son exposition aux pays en croissance, Michelin a dégagé un bénéfice net de 1,6 milliard d'euros en hausse de 7,4 %.

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