RWE se résout à vendre sa filiale dans l’amont pétrolier et gazier

le 06/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La cession de sa filiale Dea, qui ne devrait pas être bouclée cette année, permettra au groupe allemand de renforcer significativement son bilan

Le rythme des cessions d’actifs est plus lent que prévu pour RWE. Le groupe énergétique allemand, qui a publié pour 2012 un bénéfice d’exploitation supérieur aux attentes grâce à un meilleur rendement de ses centrales thermiques fonctionnant au lignite, a en effet réalisé jusqu’ici seulement 2 milliards d’euros de cessions sur un total de 7 milliards initialement annoncé d’ici à  la fin 2013.

Du coup, après avoir procédé à une revue stratégique de ses activités, RWE a décidé de mettre en vente ses activités d’exploration et de production d’hydrocarbures (pétrole et gaz), regroupées dans sa filiale Dea. Avec des gisements situés principalement en Allemagne, au Royaume-Uni, en Norvège et en Egypte, cette filiale, dont la valeur d’entreprise est estimée à 7,3 milliards d’euros par les analystes de BoA-Merrill Lynch, a généré près de 11% du résultat d’exploitation consolidé l’an dernier. Ce désengagement inattendu «permettra d’alléger considérablement les investissements futurs, apportant ainsi une contribution essentielle au renforcement de la solidité financière de RWE», juge le président du directoire Peter Terium.

Pour l’exercice en cours, la seule cession significative attendue est celle de Net4Gas, l’opérateur du réseau de transport de gaz tchèque, qui devrait rapporter au moins 1,5 milliard d’euros. Cette réduction du périmètre de consolidation devrait déboucher cette année sur un repli de 3% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) du groupe, à environ 9 milliards, tandis que le résultat d’exploitation reculerait de 8% à 5,9 milliards. RWE précise que la renégociation de ses contrats d’approvisionnement avec Gazprom «devrait être menée à bien dans le courant de l’année», ce qui compensera en partie la pression à la baisse exercée sur le résultat par la production électrique conventionnelle.

Compte tenu d’investissements industriels quasi-stables à 5 milliards d’euros, la dette nette consolidée demeurerait inchangée à 33 milliards. Le ratio d’endettement net resterait donc proche de 3,5 fois l’Ebitda, même si RWE a toujours l’intention de faire baisser ce ratio sous les 3 fois à moyen terme, grâce à un contrôle renforcé des coûts et des investissements. Le groupe prévient cependant que «les changement structurels à l’œuvre sur le marché européen de l’énergie» entraîneront une nette baisse de son résultat d’exploitation après 2013.

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