Le PEA pour les PME peine à se dessiner

le 06/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La députée Karine Berger semble sur la réserve. La Bourse des PME est au point mort

Illustration: PHB

Dans son pacte pour la croissance et la compétitivité de novembre dernier, le gouvernement avait promis de faciliter l’accès des PME et des ETI aux marchés de capitaux par la création d’une nouvelle Bourse des PME, soutenue par la mise en place d’un PEA-PME. Mais pour l’heure, l’une comme l’autre n’ont toujours pas vu le jour. La Place ne parvient pour le moment à aucun consensus sur chacun de ces deux projets, pourtant majeurs pour le financement des PME, chacun recherchant son propre intérêt.

Rien ne dit que le rapport Berger-Lefebvre sur l’épargne longue, attendu vers le 15 mars, soutiendra fortement ce projet gouvernemental de PEA-PME. Lors de la conférence organisée hier par l’association PME Finance, la députée PS Karine Berger s’est montrée plutôt réservée, estimant que le PEA-PME ne doit «pas être un outil de plus», et proposant plutôt de réallouer une partie de l’épargne en assurance-vie pour le financement des PME. Les Assises de l’entrepreneuriat, dont les conclusions sont attendues en avril, pourraient se prononcer en faveur de ce nouveau produit, et donner un avis sur le projet du Fonds d’investissement pour le développement des PME (Fide), sans contrainte de durée, proposé par PME Finance. En attendant, si les différents acteurs de la Place s’accordent sur le principe du PEA-PME, les divergences apparaissent dès qu’on aborde son contenu et ses modalités. Quoi qu’il en soit, la décision finale appartient au gouvernement.

PME Finance, qui avait lancé ce projet dès octobre 2011, milite pour une conception large de ce produit, ouvert aux titres (actions et obligations) de PME cotées ou non, dans le cadre d’une enveloppe de 132.000 euros de la même taille que le PEA actuel. En estimant que la moitié des 200.000 particuliers ayant un PEA au plafond, ouvre un PEA PME, ce dispositif pourrait apporter rapidement de 2 à 2,5 milliards d’euros, anticipe PME Finance.

A ceux qui arguent du manque de liquidité sur ces valeurs, PME Finance répond que ce PEA vient justement créer de la liquidité. D’autres invoquent le problème de l’évaluation des titres non cotés au sein des comptes-titres. Si d’aucuns soulèvent l’intérêt de mettre des obligations dans ces PEA, hormis la défiscalisation du coupon, d’autres y voient le moyen de promouvoir le marché obligataire des PME actuellement inexistant.

L’autre engagement du gouvernement pour le financement des PME-ETI, la Bourse de l’Entreprise, «est au point mort» selon Thierry Giami, président de l’Observatoire du financement par le marché. Pour Nyse Euronext, les discussions se poursuivent. Toutefois, le Haut Comité de Place, qui devait installer cette Bourse des PME en début d’année, ne s’est toujours pas tenu. Si Nyse Euronext semble avoir légèrement amélioré ses propositions faites fin 2012, la Place ne semble toujours pas satisfaite et Bercy tient à un consensus minimum avant de lancer ce projet. Aussi, pour débloquer cette situation, trois options restent ouvertes: Nyse Euronext répond à certaines attentes de la Place, notamment l’ouverture significative du capital; un opérateur européen s’installe en France; ou encore les pouvoirs publics demandent à des investisseurs français d’investir dans une plateforme. La dynamique devrait sans doute naître d’un mix de ces solutions.

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